Etats Unis – Le président Trump annule des mesures anti-discrimination très symboliques

L’administration Trump est rapidement passée des paroles aux actes. Après avoir laissé entendre mardi qu’elle se préparait à faire marche arrière sur certaines protections mises en place par Barack Obama pour les jeunes transgenres, la Maison Blanche a officialisé la nouvelle ce mercredi 22 janvier.

Alors que l’ancien président avait contraint les écoles publiques à laisser chaque élève utiliser les toilettes selon le sexe auquel il s’identifie -et non selon son sexe de naissance-, le milliardaire new-yorkais a supprimé cette mesure anti-discrimination.
Justifiant que les directives du gouvernement dirigé par Obama n’étaient ni claires ni évidentes sur le plan législatif, les ministères de la Justice et de l’Éducation les ont annulées pour laisser le champ libre à chaque État de procéder comme bon lui semble.

« L’hystérie » autour de « la bataille des toilettes »

Une déclaration qui a soulevé un tollé chez les défenseurs des droits LGBT car une douzaine d’États républicains combattent violemment depuis le début -de ce qui est devenu « la bataille des toilettes »- l’idée de laisser les élèves utiliser les toilettes selon le sexe auquel ils s’identifient.

La droite chrétienne et conservatrice, s’inquiète principalement du fait que donner cette liberté aux écoliers et étudiants transgenres inciterait des hommes à se déguiser en femmes pour commettre des agressions dans les toilettes réservées à la gent féminine.

Une peur qui frôle l' »hystérie », comme l’a écrit le New York Times dans un édito en 2016, qu’aucun fait réel ne vient alimenter. Deux enquêtes, reprises par le site Vox, montrent que 12 États qui avaient mis en place la mesure de non discrimination n’avaient vu aucune hausse des agressions sexuelles.

D’après le New York Times, la mesure a mis plus temps à être annoncée que prévu car la nouvelle ministre de l’Éducation s’y est dans un premier temps opposée. Devant l’insistance du ministre de la Justice et de Donald Trump, Betsy DeVos a finalement plié, préférant conserver son poste plutôt que défier le président.

« C’est répugnant. C’est inacceptable »

Sur les réseaux sociaux, de nombreuses personnalités se sont émues de cette décision de retirer des droits acquis par la communauté trans, dont la chanteuse qui s’était produite à l’investiture de Trump, et plusieurs personnes se sont immédiatement réunies devant la Maison Blanche pour manifester.

Quand Trump voulait laisser le choix aux personnes trans

Cette affaire sensible, très chargée politiquement, n’est pas pour autant terminée. Elle sera examinée le 28 mars par la Cour suprême des États-Unis qui pourra trancher définitivement en faveur d’un camp comme de l’autre.

En avril 2016, Donald Trump avait surpris en prenant la position inverse de son parti en déclarant que les personnes trans pouvaient utiliser les toilettes de leur choix et que Caitlyn Jenner était libre de faire de même si elle était amenée à visiter sa Trump Tower sur la 5e Avenue à Manhattan.

Quelques jours plus tard, il était revenu sur ses propos -qui avaient froissé de nombreux conservateurs- pour dire qu’il ne savait pas qu’elle était la position à prendre sur le sujet et qu’il voulait laisser chaque État décider par lui-même sans rien imposer. Ce qu’il a fait ce mercredi 22 février.


Coypright – huffingtonpost.fr

Février 2017