Etats Unis – A tout juste 18 ans, l’actrice Amandla Stenberg est déjà une activiste très engagée

Élue féministe de l’année en 2015 par la Ms. Foundation for Women, elle a 18 ans, mais demeure déjà parmi les stars les plus engagées des États-Unis. Explications.

Tout juste 18 ans et déjà très engagée, c’est la vie d’Amandla Stenberg, actrice américaine connue au départ pour son rôle de Rue, dans le film « Hunger Games ». Très jeune et déjà très lucide sur la société qui l’entoure, elle n’est pas avare de combats et en mène plusieurs à la fois, jusqu’à devenir un symbole pour les communautés qu’elle défend.

Amandla, une force issue d’une multiculture

Si l’on se doit tous d’être tolérants, Amandla Stenberg tient certainement sa tolérance de ses origines multiples qui ont forcé son caractère de fer et sa témérité. Née d’un père danois et d’une mère afro-américaine, elle crie au monde des messages de « vivre ensemble » et d’acceptation de sa personne, sans oublier l’importance d’assumer ses origines et de les défendre.

Depuis le début de sa notoriété, en 2012, elle n’a de cesse que de combattre pour cette liberté. Amandla a d’ailleurs pour objectif de mettre à profit sa célébrité pour sensibiliser le plus grand nombre, et ce pour de nombreuses causes qui la touchent.

Amandla, ambassadrice des femmes afro-américaines

Son premier combat se lie à son identité pure. La jeune femme s’engage dès l’âge de 14 ans pour prôner la beauté des cheveux des femmes noires. Trois ans plus tard, à 17 ans, elle participe à un projet imaginé pour l’école : « Don’t Cash Crop My Cornrows » et réalise une vidéo sur la pertinence de la culture noire et de son appropriation par les médias.

Ainsi, elle sensibilise ses camarades de classe à la culture hip-hop, et aux manières de coiffer les cheveux crépus : « Le hip-hop provient d’une lutte noire, il provient du jazz et du blues, styles de musique afro-américains créés pour retenir l’humanité face à l’adversité. Sur une plus petite échelle, mais dans une veine semblable, les tresses ne sont pas simplement là pour faire joli, elles sont nécessaires pour garder les cheveux noirs propres. »

Teen Vogue la repère et transforme son travail en court programme vidéo : #BlackGirlMagic. À Oprah Winfrey, elle dira que sa force et son combat sont nés de cette haine et de cette incompréhension de la différence qu’elle ressentait. Alors elle a écrit, pour extérioriser, jusqu’à trouver sa voie, son orientation, sa véritable identité qui lui permettait de se sentir bien dans sa peau. Elle déclarait aussi au Teen Vogue qui lui consacrait un numéro en 2016 : « C’est très, très difficile de rester silencieuse, et c’est profondément blessant de combattre sa propre identité, de se mettre dans un moule dans lequel on ne devrait pas être. »

Amandla, ambassadrice de la diversité

Très précoce dans sa façon de penser, et dans ses engagements, Amandla ne s’arrête pas là. Récemment, elle dévoilait sa bisexualité au ELLE anglais. « En tant que jeune femme noire et bisexuelle, j’ai traversé des phases douloureuses, embarrassantes, inconfortables…Et puis, grâce à des femmes comme Solange Knowles, Ava DuVernay, Willow Smith et plein d’autres filles noires, j’ai réalisé qu’il n’y avait absolument rien à changer en moi. Nous ne pouvons pas être étouffées. Nous sommes faites pour exprimer notre joie, notre amour, nos tristesses. Nous sommes faites pour être fortes et audacieuses. »

Ce combat de l’identité, elle souhaite l’étendre sur le grand écran. C’est alors que du haut de ses 18 ans, elle commence à associer l’activisme et la culture, qui constituent finalement ses deux passions. Au printemps 2016, elle présentait son premier court-métrage : « Blue Girls Burn Fast », un film de 20 minutes qui rappelle le film Moonlight puisque l’histoire parle d’une jeune fille afro-américaine qui rencontre une autre fille. À « Dazed » en 2016, elle disait :

Je crois que le cinéma est le médium qui permet le plus de façonner nos cultures, surtout aux États-Unis

Et de poursuivre : « Les gens que nous voyons dans les films sont aussi ceux que nous voyons dans la vraie vie, dans la société ; et c’est pour ça qu’il faut une représentation plus variée des gens au cinéma. »

Amandla, ambassadrice de sa génération

Si la jeune femme souhaite transmettre ses messages au cinéma, le premier moyen de convaincre réside dans les réseaux sociaux. En bonne millenials qu’elle est, Amandla Stenberg l’a bien compris et s’engage au travers de photos aussi artistiques que sociétales, toutes accompagnées d’un texte plus ou moins long sur « l’acceptance » de soi.

« Vivre ensemble et que chacun respecte l’autre, tel est le message universel qu’elle divulgue sans cesse sur son compte Instagram ». Et si elle considère certaines stars afro-américaines comme des modèles (Solange et Beyonce Knowles notamment, qui lui offre une apparition dans l’un de ses clips), Amandla Stenberg devient elle-même un modèle pour les jeunes de sa génération. Grâce à sa notoriété, elle parle au nom de toutes ces filles et femmes afro-américaines, au nom des jeunes qui se sentent différents concernant leur sexualité, leur physique, leur vie sociale.


Février 2017