Cameroun – Un label qualité créé par Agnès Koa, agricultrice et productrice de poulets

Au Cameroun, à Nkom Ndamba, à 100 kilomètres de Yaoundé, Agnès Koa, agricultrice et productrice de poulets, a créé son propre label qualité. L’attention qu’elle porte à ses animaux et à leur alimentation a déterminé sa réussite.

A Nkom Ndamba à 100 kilomètres de Yaoundé au Cameroun, une femme de 50 ans, Agnès Koa, élève ses poulets. Les parcelles de quelques hectares accueillent les cultures nécessaires pour la fabrication de la provende, mélange qui constitue l’aliment des volailles. Agnès est un exemple de réussite de la femme africaine dans toutes ses dimensions.

Très occupée mais rarement préoccupée, avec un demi-siècle d’âge révolu, elle en fait dix de moins, malgré ses cinq maternités et un emploi du temps chargé. « Je me lève tous les jours à 7h30 pour me rendre au poulailler. Je sors les abreuvoirs sales, les lave avant de donner à manger aux poulets. Puis, je passe le reste de la journée dans mes plantations que je ne quitte qu’à la tombée de la nuit. » Agnès Koa cultive un champ en maïs, ingrédient principal de la « provende », et un autre en soja. Elle a fait construire un crib pour conserver le surplus de la production.

TÂTONNER POUR S’APPROPRIER LES TECHNIQUES

Agnès Koa a commencé son élevage avec une bande de 250 poulets. Elle en perd d’abord près d’une centaine et doit se contenter de 55 % de réussite sur le reste, un échec qui entame son capital. Elle n’abandonne pas pour autant. Apprenant de ses erreurs, elle relance une autre bande de 250 poussins avec, cette fois, 95 % de réussite. Grâce à sa ténacité et son ingéniosité, Agnès Koa commence à maîtriser les nuances de la composition et de la fabrication de l’aliment. « Pour 100 kg de provende, il faut 55 kg de maïs, 35 kg de soja et 10 kg de concentrés mais la manière de moudre le maïs, de griller et d’écraser le soja, le taux d’humidité des ingrédients, la densité de l’élevage et la durée de vie des poulets en ferme, sont autant d’éléments qui font la différence entre deux éleveurs et la qualité gustative du poulet. »

« Mon mode d’élevage donne du poids et un goût succulent à la chair. J’utilise le soja en graines que je grille à feu doux avant de le moudre alors que d’autres préfèrent les tourteaux. Je produis moi-même du maïs jaune tandis que d’autres achètent du maïs blanc. Enfin, le dosage et la régularité de l’alimentation des animaux sont importants. » C’est ainsi qu’au fil des ans, elle a réussi à se démarquer et donner naissance au label « poulet de Nkom Ndamba ».

UNE RÉUSSITE QUI IMPRESSIONNE

Agnès élève aujourd’hui 5 000 poulets et emploie une vingtaine de jeunes. Elle vend chacune de ses poules 9 000 FCFA (13,74 euros). « Je livre dans la plupart des grandes surfaces du Cameroun. Mes relations avec les clients, ma technique d’élevage, les 200 000 FCFA nets (305,34 euros) que je gagne par bande de 500 poussins… c’est énorme ici au village. Sans compter ce que me rapporte le reste de l’exploitation. Parce que j’ai aussi un élevage de 100 porcs et des plantations de maïs et de bananes plantains. »


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Février 2017