Brésil – La justice tranche pour la liberté de la presse face à la censure de la première dame

Brésil – La justice brésilienne est revenue mercredi sur la décision d’un juge qui avait interdit à deux des principaux quotidiens du pays de publier des informations concernant une tentative d’extorsion contre la Première dame.

Folha de Sao Paulo et Globo avaient dû arrêter lundi la publication en ligne et dans leur édition papier d’articles sur cette tentative d’extorsion, l’an dernier, par un homme -condamné depuis- ayant piraté le portable de Marcela Temer, l’épouse du président conservateur Michel Temer.

Les articles reproduisaient des messages entre la Première dame et cet homme qui, à un moment de la conversation, faisait référence à une vidéo qu’il disait avoir piratée de son téléphone et qui selon lui «jette dans la boue le nom de votre mari».

Décision «inconstitutionnelle»

Le juge, qui avait été saisi vendredi par Marcela Temer et les services de la présidence, a interdit ces publications afin de protéger «l’inviolabilité de la vie privée» de la victime.

Cette décision, prise par un juge de première instance, avait soulevé de nombreuses critiques, Folha estimant mardi dans son éditorial que cette interdiction n’était «rien d’autre qu’une censure inadmissible».

Un magistrat de deuxième instance a annulé l’interdiction mercredi, estimant qu’elle apparaissait «inconstitutionnelle» car elle «violait la liberté qui constituait un pilier de l’Etat de droit».

L’homme derrière cette tentative d’extorsion visant Marcela Temer, Silvonei Jose de Jesus Souza, a été condamné en octobre à cinq ans et 11 mois de prison. Il avait essayé d’obtenir 96’000 dollars de Marcela Temer, en l’échange de la promesse de ne pas publier le contenu de son téléphone.


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Février 2017