« She Decides » – Pour les droits reproductifs, la riposte à Donald Trump s’organise

Face à Donald Trump, la Belgique, les Pays-Bas, la Suède et le Danemark organisent le 2 mars une conférence internationale pour les droits sexuels et reproductifs. Mais la France reste silencieuse.

La réponse internationale s’organise face à la “Global Gag Rule”, la décision prise par Donald Trump de ne plus financer les ONG qui favorisent l’accès à l’avortement, et plus généralement aux droits reproductifs des femmes et des filles.

Le président des États-Unis signait ce décret le 23 janvier. Dès le lendemain, la ministre néerlandaise de la Coopération et du Développement, Lilianne Ploumen, lui répondait en annonçant la création d’un fonds « pour fournir aux femmes dans les pays en développement l’accès à de bonnes informations, à la contraception et à l’avortement ». Ce fonds international participatif, ‘She Decides’ (‘Elle Décide’), en partenariat avec l’ONG Rutgers, était officiellement lancé le 28 janvier. Et la Belgique embrayait en annonçant la tenue d’une conférence internationale autour de cette initiative.

Le gouvernement belge vient d’apporter des précisions jeudi 9 février : la conférence ‘She Decides’, qui réunira gouvernements et ONG, se tiendra le jeudi 2 mars prochain à Bruxelles. La Belgique promet par la même occasion d’allouer 10 millions d’euros à l’initiative de collecte de fonds ‘She Decides’. Les Pays-Bas avaient déjà annoncé la même somme.

Huit pays officiellement impliqués, la France toujours muette

« Lors de la conférence internationale à Bruxelles, nous unirons nos forces et nous promettrons notre soutien à toutes les initiatives menées sur le terrain pour que la santé et les droits sexuels et reproductifs deviennent une réalité pour des millions de femmes », déclare le vice-Premier ministre belge, et ministre de Coopération au Développement, Alexander De Croo.

Quatre pays européens – la Belgique, les Pays-Bas, la Suède et le Danemark – sont les co-organisateurs de cette conférence ‘She Decides’. « D’autres pays comme le Luxembourg, la Finlande, le Canada et le Cap-Vert se sont déjà ralliés à l’initiative. », précise Alexander De Croo. La France qui se faisait un an plus tôt, à l’ONU, le porte-parole du droit à l’avortement dans le monde, a ici cédé son leadership. Sollicité à plusieurs reprises par Les Nouvelles NEWS, le gouvernement français n’a en effet toujours pas confirmé son engagement.

Selon les estimations, la fin du financement états-unien privera les ONG impliquées pour les droits sexuels et reproductifs dans le monde de 600 millions de dollars sur 4 ans. Sur la période 2017-2020, cela risque d’entraîner 6,5 millions de grossesses non désirées, 2,1 millions d’avortements à risque et 21 700 décès maternels.


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Février 2017