Royaume uni – La première ministre prévoit une loi pour limiter l’immigration

La Première ministre britannique a accepté de publier jeudi un « livre blanc »détaillant les objectifs du Brexit, mais refuse toujours de garantir le statut des Européens vivant au Royaume-Uni.

Theresa May a cédé à la pression des parlementaires. La Première ministre a finalement accepté de publier, jeudi, un « livre blanc » détaillant les objectifs qui guideront la Grande-Bretagne dans sa négociation avec les Vingt-Sept pour sortir de l’Union européenne. L’opposition s’est montrée critique, jugeant que ce document de 77 pages ne faisait que reprendre le discours prononcé par Theresa May le 17 janvier . Le rapport révèle tout de même quelques nouveautés.

Rétablissement du « contrôle » de l’immigration en provenance de l’UE

Le gouvernement prévoit de faire voter une loi qui rétablira le « contrôle » de l’immigration en provenance de l’UE une fois que la directive européenne sur la liberté de circulation ne s’appliquera plus. C’est logique car c’était là l’un des motifs du vote en faveur du Brexit et l’une des grandes priorités de Theresa May. La Première ministre ne révèle rien, en revanche, sur le contenu de la future politique d’immigration. « Nous aurons toujours besoin d’immigration, y compris des pays de l’UE, et en particulier d’une immigration hautement qualifiée », précise le document.

Une période de transition pas exclue

Londres n’exclut pas qu’ une période de transition soit nécessaire une fois que le Brexit sera devenu une réalité, en 2019. Le gouvernement refuse toujours de garantir le statut des Européens qui sont déjà installés outre-Manche tant que les autres Etats-membres ne font pas de même pour les ressortissants britanniques du continent. Un accord sur ce point avant l’ouverture de la négociation « n’a pas été possible », explique le rapport. Quelque 2,8 millions d’Européens vivent au Royaume-Uni (sans compter les Irlandais qui bénéficient d’un statut spécial), souligne le livre blanc, dont plus de 900.000 Polonais. Et un million de Britanniques sont installés de façon permanente sur le continent, en Espagne et en France notamment.

Des députés de la majorité comptent défier l’exécutif sur cette stratégie la semaine prochaine, lors de l’examen des amendements au projet de loi sur le Brexit à la chambre des Communes. Alberto Costa, un parlementaire dont les parents, italiens, vivent en Angleterre, demande une garantie unilatérale des droits des Européens avant de démarrer la négociation.

Nouvelles rassurantes sur le front de l’économie

A moins de deux mois de l’ouverture des pourparlers avec les Vingt-Sept, les partisans du Brexit sont confortés par les nouvelles économiques rassurantes publiées par la Banque d’Angleterre jeudi. La croissance atteindra 2 % cette année, a estimé le gouverneur Mark Carney, soit autant qu’en 2016. L’été dernier, au lendemain du référendum, la Banque prévoyait une hausse du PIB de seulement 0,8 % en 2017.

La consommation des ménages a résisté bien mieux que prévu, s’est justifié Mark Carney, et la croissance mondiale est plus forte. « Cela ne veut pas dire que le référendum est sans conséquences », a-t-il prévenu toutefois. L’investissement des entreprises, en particulier, sera affecté. Dans deux ans, le PIB britannique sera inférieur de 1,5 % à ce qu’il aurait été si le résultat du référendum avait été différent, a-t-il dit.


Copyright – Les Echos.fr par Vincent Collen

Février 2017