Musique – L’artiste Inna Modja en tournée mondiale pour présenter son dernier album

Grosse affiche samedi 4 février au Casino de Lavelanet. Actuellement en tournée internationale, Inna Modja sera sur scène pour présenter son dernier album, «Motel Bamako». Rencontre avec une artiste engagée.

«Monsieur Sainte- Nitouche, prends-moi par la main, dis-moi des mots d’amour…» En 2011, Inna Modja enflammait les ondes radios avec son célèbre «French Cancan» aux paroles sensuelles.

Aujourd’hui, la chanteuse malienne revient aux sources avec des chansons autrement plus engagées. Des mots contre la guerre, le terrorisme, les violences faites aux femmes et la pratique de l’excision. Tout ça sur fond d’électro, de blues, de hip-hop, de jazz et de musique traditionnelle.

La chanteuse, auteur, compositeur d’origine malienne Inna Modja, présente en concert son dernier album, intitulé «Motel Bamako», un concert organisé par Lavelanet Culture en partenariat avec l’Estive, scène nationale de Foix et d’Ariège. L’album est un voyage entre les racines maliennes de son enfance et les vibrations d’aujourd’hui, enivrantes, entraînantes, irrésistibles. Des acolytes prestigieux l’ont accompagnée pour réaliser ce projet : Stephen Budd, Damon Albarn, Oxmo Puccino, Cheick Tidiane, Seck, Krazy Bald Head…

Lorsqu’on pose une oreille sur le nouvel album d’Inna Modja, l’ont est instantanément au cœur et dans le cœur du Mali. L’interprète des tubes flamboyants «Mister H», «French Cancan» et «La Fille du Lido», doublement nommée aux Victoires de la musique en tant que révélation du public et pour le clip de l’année, revient aux sources avec ce troisième album.

Une artiste délicate et sensuelle

Cette fois, Inna Modja se raconte, se libère comme une urgence qui brûle au fond d’elle ; c’est alors que ses racines africaines enflamment son art. Inna Modja a appris avec «ses ainés», comme le Rail Band, l’orchestre du buffet de la gare de Bamako. C’est en leur honneur qu’elle a baptisé cet opus «Motel Bamako». Artiste délicate et sensuelle, Inna Modja se rassemble pour se ressembler.

La soul de la Motown, le blues du désert du Sahel, les guitares mandingues, la flûte peule, la kora rencontrent le hip-hop, une musique qui rythme son adolescence et qui imprègne son phrasé en bambara, et l’électro-pop pour ses loupes sonores dont est aussi composée la musique malienne.

En français, en anglais ou en bambara, Inna Modja écrit, compose et chante les rencontres, les joies, les douleurs… Artiste multiforme, elle réalise elle-même ses clips et ses disques, joue la comédie au «Grand Journal» ou au cinéma, pose pour les plus grands magazines, «Vanity Fair», «Elle»… Inna Modja continue ses explorations sonores et musicales. Sur scène, c’est un tourbillon de délicatesse.

Activiste et engagée

C’est important de prendre position pour la lutte contre le terrorisme et de se battre contre toute forme de violence. Je suis Malienne, donc je sais de quoi je parle. Ça fait également douze ans que je milite contre l’excision, et dans cet album, j’ai voulu allier mon engagement sur le terrain avec ma musique.

Quand on parle de l’Afrique, il est toujours question de pauvreté, de misère, de maladie. Il y a une certaine forme d’ignorance, beaucoup de gens pensent même que c’est un pays. L’Afrique, c’est aussi une grande histoire culturelle et artistique. Bamako est pleine d’artistes, de photographes, de musiciens. Je veux montrer cette face différente du Mali et de l’Afrique en général.

Sous l’aile de Salif Keita

Inna Modja, de son vrai nom Inna Bocoum est née le 19 mai 1984, à Bamako, au Mali. Encouragée dans le chant par un père fan de Ray Charles et d’Otis Redding, Inna Modja est orientée vers Le Super Rail Band de Bamako par Salif Keita en personne. Sorti en juin 2011, le titre «French Cancan», sous-titré «Monsieur Sainte-Nitouche» en raison de son refrain sexy et drôle, fait mouche. Lorsqu’elle était étudiante, Inna Modja a travaillé en tant que mannequin «pour payer une chambre en cité universitaire», raconte-t-elle. La jeune femme est également comédienne. Elle tient d’ailleurs le 1er rôle féminin dans le film franco malien «Wulu», pamphlet social et politique sorti récemment.

Février 2017