France – Scandale : Le point sur l’affaire Penelope Fillon, épouse de François Fillon

Paris, France – Une enquête judiciaire a été ouverte pour détournement de fonds publics et abus de biens sociaux mercredi 25 janvier, suite aux révélations du Canard enchaîné concernant l’emploi de Penelope Fillon aux côtés de son mari, François Fillon, comme attachée parlementaire. Un poste qui lui aurait permis de toucher 500 000 euros en 8 ans. Parallèlement à cela, elle aurait également touché 100 000 euros en tant que conseillère littéraire de La Revue des deux Mondes. Le point sur l’enquête.

La femme de François Fillon, Pénélope Fillon, a été rémunérée pendant huit ans comme attachée parlementaire de son mari ou du suppléant de celui-ci à hauteur d’environ « 500 000 € brut » au total, affirmait « Le Canard enchaîné » dans son édition de mercredi.

Le Canard affirme aussi que Pénélope Fillon a été parallèlement salariée, entre le 2 mai 2012 et décembre 2013, de la Revue des deux mondes, propriété de Marc Ladreit de Lacharrière (PDG de Fimalac), un ami de François Fillon. Elle touchait alors environ 5 000 € bruts par mois.

Détournement de fonds publics et abus de biens sociaux

À la suite de ces révélations, le parquet national financier a décidé d’ouvrir une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics et abus de biens sociaux. Les magistrats souhaitent vérifier si Penelope Fillon a bien fourni un travail en échange des salaires qu’elle a perçu en tant qu’attachée parlementaire et en tant que salariée de la Revue des deux mondes.

Le fait d’embaucher des membres de sa famille comme collaborateurs n’est en effet pas illégal, à condition que le salaire versé corresponde à un travail réel. Il en est de même concernant un travail au sein d’une société d’édition.

Où en est l’enquête ?

Dans le cadre de cette enquête, Michel Crépu, qui ex-directeur de la Revue des deux mondes a été entendu par la police judiciaire en tant que témoin au même titre que la journaliste Christine Kelly, auteure de la première biographie de François Fillon. Une perquisition a également été menée jeudi soir au siège de la Revue des Deux Mondes en présence du propriétaire Marc Ladreit de Lacharrière, soutien de François Fillon.

Les deux témoins semblent aller dans le sens des révélations du Canard enchaîné. « Je n’ai eu la moindre trace de ce qui pourrait ressembler à un travail de conseiller littéraire », a ainsi déclaré au journal, Michel Crépu. « Je n’ai jamais entendu dire que Mme Fillon travaillait. » corrobore la journaliste.

Que risque le couple Fillon ?

L’enquête préliminaire a été ouverte pour détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel. En fonction des faits, les sanctions ne seront bien sûr pas les mêmes. Concernant le détournement de fonds publics, et donc l’emploi de Penelope Fillon en tant qu’assistante parlementaire, François Fillon risquerait jusqu’à dix ans de prison et une amende maximale d’1 million d’euros.

Dans le cadre de l’activité de Penelope Fillon à la Revue des deux mondes, les peines encourues pour abus de bien social peuvent aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et une amende de 375 000 euros.

François Fillon va-t-il être mis en examen ?

L’hypothèse d’une mise en examen de François Fillon est juridiquement possible mais semble peu probable en termes de calendrier et de procédure avant la présidentielle. La durée moyenne d’une information judiciaire a été de 30 mois en moyenne en 2015. S’il était élu, François Fillon bénéficierait alors, comme tout président, d’une immunité durant son mandat qui repousserait de cinq ans l’hypothèse d’éventuelles poursuites

Même si l’enquête ne fait que débuter et qu’aucun élément ne permet à ce stade d’étayer l’hypothèse de l’existence d’emplois fictifs, le candidat LR à la présidentielle a précisé jeudi sur TF1 qu’il renoncerait à se présenter si son « honneur était atteint, si (il était) mis en examen »


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Janvier 2017