Women’s March – Des centaines de milliers de personnes en marche pour le droit des femmes

Au lendemain de l’investiture de Donald Trump, des milliers de manifestantes et manifestants marchent dans les rues des capitales du monde entier pour protester contre les propos et l’attitude sexistes du nouveau président américain.

Les Australiens et les Néo-Zélandais ont donné le top départ à la série de manifestations anti-Donald Trump prévues ce samedi. Plusieurs mobilisations ont lieu dans tous les pays en solidarité à la Women’s March (Marche des femmes) prévue à Washington. Des milliers de femmes et d’hommes battent le pavé à travers le monde pour protester contre le mépris affiché régulièrement envers les femmes par celui qui est devenu vendredi le nouveau président américain.

Le mouvement trouve sa genèse dans un simple appel posté sur Facebook qui a fait tache d’huile. Il émane d’une grand-mère, Teresa Shook, avocate à la retraite vivant jusque-là dans un anonymat paisible à Hawaï.

Un mouvement très suivi

La Marche des femmes est soutenue par des dizaines d’organisations progressistes en opposition frontale avec Donald Trump: défenseurs des droits civiques, des immigrés, des musulmans, du droit à l’avortement ou des drogues douces… des écologistes, féministes, pacifistes, homosexuels, Noirs et Amérindiens, bref un melting-pot de citoyens inquiets. Sans compter le soutien d’Amnesty International et de Planned Parenthood, le plus grand réseau de planning familial du pays.

A Sydney et Melbourne, en Australie, et à Wellington et Auckland en Nouvelle-Zélande, les manifestants se sont réunis en solidarité avec la Marche des femmes organisée à Washington.

« Les droits des femmes sont des droits humains »

La contestation à la victoire de Donald Trump a aussi pris la forme d’un rassemblement à New Delhi en Inde.

En Europe, plusieurs manifestations se sont déroulées dans les capitales, samedi après-midi. A Stocklom, les manifestants suédois brandissaient des pancartes avec les affiches du collectif « We the People » (« Nous le peuple »).

« Les hommes de qualité n’ont pas peur de l’égalité » pouvait-on lire sur les pancartes devant la porte de Brandebourg, à Berlin où environ 700 personnes se sont retrouvées en face de l’ambassade des Etats-Unis, pour chanter notamment « The people united will not be defeated » (le peuple uni ne sera pas vaincu).

Gants et bonnets sur la tête, des manifestantes ont bravé le froid pour protester contre le nouveau président américain à Zagreb, en Croatie.

A Madrid, une femme tenait une pancarte avec les phrases plus choquantes de Donald Trump. « Je pourrais me poser au milieu de la 5e avenue et tirer sur quelqu’un, je ne perdrais pas d’électeurs ».

A Londres, le cortège est parti de l’ambassade américaine pour marcher vers l’emblématique Trafalgar Square. « Les droits des femmes sont des droits humains », « Nous représentons 51,7% » [de la population], pouvait-on lire sur les pancartes qui flottaient dans la foule. Les rues environnantes étaient noires de monde, les organisateurs revendiquant 100 000 participants.

A Paris, ils étaient 7000, selon la police, réunis sur le parvis du Trocadéro pour protester contre « tout ce que Trump représente » et défendre les droits des femmes, au milieu de drapeaux américains et de « pussy hats ». « Les droits de l’Homme sont aussi ceux des femmes », « respect », « liberté, égalité, sororité », « capitalisme, sexisme, assassins », proclamaient des pancartes en anglais et en français.

Manifestation monstre à Washington

Bonnets roses sur la tête, des ce,taines de milliers de personnes défilaient samedi vers le centre de Washington. Dans la capitale, 275 000 voyageurs avaient pris le métro en fin de matinée, soit 50% de plus que pour l’investiture de Donald Trump la veille à la même heure, selon l’autorité de transport WMATA. Les organisateurs ont en outre relevé leur estimation de participation de 200 000 à plus d’un million de personnes.

« Je veux protéger nos droits et attirer l’attention sur le fait que quand les gens manifestent ensemble, ils sont forts », a témoigné Trisha Norman, 72 ans, venue de Caroline du Nord, en route vers la manifestation.

Le cinéaste Michael Moore, et militante des droits civiques Angela Davis se sont exprimés lors de ce rassemblement.

Et Hillary Clinton a twitté un message de soutien aux manifestants.

Madonna a aussi fait une apparition très remarquée en marge de la marche. Sa venue n’était pas prévue mais la chanteuse a interprété deux chansons après un discours.

Les organisateurs avaient à coeur de se montrer en nombre et dans le calme, après les violences de vendredi dans quelques rues de la capitale, qui ont conduit à l’interpellation de plus de 200 personnes.

Certains signes laissaient présager une forte mobilisation, comme les 1200 autocars ayant demandé un permis de stationnement, ou l’ampleur prise par l’initiative sur les réseaux sociaux (#WhyImarch, #womensmarch, #NotMyPresident…).

Les organisatrices annoncaient environ 300 « marches soeurs » dans d’autres villes des Etats-Unis dont New York, Boston, Los Angeles et Seattle, ainsi qu’au-delà des frontières américaines.

Le « Pussyhat Project »

Une initiative baptisée « Pussyhat Project » fédère des adeptes du tricot qui ont confectionné ces couvre-chefs pour les manifestantes. Le terme « pussy » désigne en anglais l’animal domestique, ou le sexe féminin. C’est ce mot que Donald Trump avait utilisé dans une vidéo qui avait fait scandale en octobre, où il se vantait de pouvoir se payer les femmes qu’il voulait et de les « attraper par la chatte ».

 

Jamais depuis 40 ans un président des Etats-Unis n’a suscité une telle défiance à sa prise de fonctions. Avant même d’avoir achevé ses premières 24 heures à la Maison Blanche, le nouveau président républicain se retrouve interpellé par de multiples catégories d’Américains d’origines très diverses, mais fédérés par une même inquiétude.


Copyright – l’express, Reuters images, AFP

Janvier 2017