Brésil – Décès brutal de la chanteuse Loalwa Braz Vieira, du tube « La Lambada »

Brésil – Loalwa Braz Vieira s’était fait connaître en chantant le tube mondial de « La Lambada » avec le groupe Kaoma.

Loalwa Braz Vieira, interprète brésilienne du tube mondial « La Lambada » avec le groupe franco-brésilien Kaoma, a été retrouvée morte carbonisée ce jeudi 19 janvier, a indiqué une source policière à l’AFP. Elle était âgée de 63 ans.

D’après le journal brésilien Globo, son corps a été retrouvé dans sa voiture en flammes, non loin de son domicile à Saquerema, sur le littoral de la région de Rio de Janeiro. Dans la nuit, la présence de deux à quatre hommes armés a été signalée à la « pousada » de la chanteuse, un petit hôtel de huit chambres qui lui servait de domicile, selon Globo, citant des « informations préliminaires » de la Police militaire locale.

Deux employés présents au moment des faits ont été entendus par la police. Loalwa Braz aurait crié en vain à l’aide avant d’être emmenée par ses agresseurs. Ils ont mis feu à la pousada avant de partir.

La brigade locale des pompiers a été appelée une première fois dans la nuit pour intervenir sur l’incendie au domicile de la chanteuse. Elle a reçu rapidement un second appel signalant l’incendie d’un véhicule à proximité. C’est à l’intérieur de cette voiture appartenant à la chanteuse que le corps de cette dernière a été retrouvé. Une autopsie devait être pratiquée dans la journée.

Selon la police, citée par Globo, une bonbonne de gaz a été retrouvée dans le véhicule. Elle devait provoquer une explosion fatale au cas où Loalwa Braz ne serait pas morte dans l’incendie.

Loalwa Braz laisse deux enfants, et un mari français. Ils avaient ouvert la Pousada Azur Saquarema en 2014. Sa page Facebook donne à voir Laolwa Braz en hôte épanouie.

Succès planétaire

Née à Rio de Janeiro, Loalwa Braz Vieira a accédé à une fulgurante et éphémère célébrité mondiale en 1989 en interprétant avec le groupe Kaoma la chanson « Chorando se foi » (« Il est parti en pleurant », ndlr), plus connue sous le nom de « La Lambada ».

La lambada est en réalité un genre musical tropical fusionnant carimbo, merengue, salsa et zouk, dont Loalwa Braz Vieira était l’icône brésilienne dans les années 1980.

La Lambada, accompagnée d’un clip joyeux et sensuel mettant en scène un couple dansant dans un style chaloupé très collé-serré, a connu un succès planétaire, se vendant à 15 millions d’exemplaires dans plus de 100 pays.

En France, où Loalwa Braz a vécu plusieurs années, le tube s’était vendu à 700.000 exemplaires.

Il s’était imposé comme le tube de l’été et avait été repris dans une célèbre publicité de la marque Orangina.

Autour de la Lambada

La Lambada a cartonné en 1989 – plus de 1,5 million d’exemplaires du disque se sont écoulés en France – mais le scandale a éclaté en 1990 : cette chanson est un plagiat.

Au départ, il y a Llorendo se fue, créée par le groupe bolivien Los Kjarkas.

Le morceau repéré quelques années plus tard par Olivier Lorsac, un producteur français qui décide de reprendre la mélodie et de troquer les paroles en espagnol par un texte en portugais. Il dépose le tout à la Sacem, la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique, sous le pseudonyme de Chico d’Oliveira et sans jamais prévenir les auteurs de la chanson originale. Il forme ensuite un groupe composé d’artistes d’horizons différents : Kaoma est né, prêt à arpenter le globe et les plateaux télés pour entonner « Chorando se foi quem um dia só me fez chorar… ». Le succès de 1989.

Poursuites en justice

Cela n’est évidemment pas passé inaperçu aux yeux et aux oreilles des frères Gonzalo et Ulises Hermosa, les fondateurs de Los Kjarkas, qui ont porté l’affaire devant les tribunaux. La justice a logiquement donné raison, en 1991, aux créateurs de l’œuvre originale et leur permet de mettre la main sur les quelque 6 millions de francs (1,3 millions d’euros environ) de droits d’auteurs que d’autres avaient perçu à leur place.

Aussi, c’est bien davantage « Llorando se fue » que la Lambada

Reprise du tube par Jennifer Lopez dans On The Floor ft. Pitbull.


Copyright huffingtonpost

Janvier 2017