Etats Unis – Comment la «marche des femmes» s’est organisée sur les réseaux sociaux

ETATS-UNIS Plus de 200.000 personnes sont inscrites sur Facebook pour participer à cette manifestation prévue le 21 janvier prochain à Washington, au lendemain de l’investiture de Donald Trump à la Maison Blanche.

L’idée originale est née dans l’esprit de Teresa Shook, une avocate à la retraite installée à Hawaï. Consternée par l’élection de Donald Trump en novembre dernier, cette grand-mère suggère alors sur un groupe Facebook pro-Clinton : « Et si les femmes défilaient massivement à Washington autour de l’investiture ? ». Le lendemain, près de 10.000 réponses positives s’accumulent sous sa proposition. L’effet boule de neige ne fait alors que commencer.

Une communication redoutable

L’idée séduit et rassemble rapidement de nombreuses femmes, certaines rompues à l’exercice de mobilisation citoyenne comme Bob Bland, créatrice et designer installée à Brooklyn. Twitter et Instagram sont immédiatement investis, des visuels sont créés, un l’événement la « Marche des femmes » est lancé sur Facebook. Sur cette page dédiée, près de 190.000 personnes ont désormais annoncé leur intention de participer à la marche, 253.000 supplémentaires se disant intéressées. Difficile de savoir combien de manifestant(e) s effectueront réellement le déplacement, un froid glacial n’étant pas à exclure à cette époque.

Une levée de fonds a également été lancée, récoltant à ce jour 1.254.204 dollars via 19.480 donateurs. Enfin, l’indispensable autorisation de manifester a récemment été délivrée aux organisatrices par les autorités.

Réseaux sociaux mobilisés

Certains signes laissent penser à une vaste mobilisation. Notamment l’ampleur prise par l’initiative sur les réseaux sociaux avec des hashtags comme « #WhyImarch »(« #PourquoiJeMarche »),  » #womensmarch« (« #marchedesfemmes ») ou »#NotMyPresident » (« #PasMonPrésident »). Le ralliement de diverses célébrités est une autre indication. Les chanteuses Katy Perry et Cher, l’actrice Scarlett Johansson ont annoncé leur participation.

Au moins 1.200 autocars ont demandé la permission de stationner au stade RFK de la capitale fédérale le 21 janvier, bien davantage que pour l’investiture la veille. La « Marche des femmes » se garde de se présenter comme un rassemblement anti-Trump : selon un communiqué vendredi, il s’agit d’un « mouvement impulsé par les femmes rassemblant des personnes de tous les sexes, âges, races, cultures et étiquettes politiques », au nom de l’« humanité partagée », la « résistance » et la « liberté ».

Dans le détail, l’initiative est soutenue par des dizaines d’organisations progressistes dont les valeurs sont à l’antithèse de celles du vainqueur de la présidentielle.

On y trouve des défenseurs des droits civiques, des immigrés, des musulmans, des militants de l’environnement, de l’avortement, de la contraception, des drogues douces, des féministes, des pacifistes, des homosexuels, des Amérindiens, bref un melting-pot de citoyens inquiets. La marche est désormais officiellement soutenue par Amnesty International et Planned Parenthood, le plus grand réseau de planning familial du pays.

Protester en tricotant

Une initiative baptisée «Pussyhat project» fédère des adeptes du tricot et du crochet pour confectionner des chapeaux de maille rose avec des oreilles de chat pour les manifestantes.Le terme « pussy » désigne en anglais l’animal domestique, ou le sexe féminin, Donald Trump ayant employé ce terme vulgaire dans une vidéo qui a choqué.

Du fait du court délai de préparation, la « Marche des femmes » s’est révélée être un véritable défi logistique, à la fois pour les organisateurs et les autorités de la capitale fédérale, déjà sur les dents.

Elle devrait débuter sur Independence Avenue à 10h du matin près du Capitole et se dérouler sur 2 kilomètres le long du National Mall, l’esplanade bordée par les principaux musées et mémoriaux de Washington.

Les organisatrices annoncent environ 300 « marches sœurs » dans d’autres villes du pays dont New York, Boston, Los Angeles et Seattle, ainsi qu’au-delà des frontières des Etats-Unis.


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Janvier 2017