France – Présidentielle 2017 : Pourquoi Marine Le Pen accélère son entrée en campagne

France – Si le début officiel de sa campagne est prévu à Lyon début février, la candidate du Front national compte bien occuper le terrain d’ici-là.

« En campagne, on n’a jamais le temps d’attendre ». Ces mots, prononcés par un membre de l’équipe stratégique de Marine Le Pen, expliquent bien le changement opéré par la candidate du FN à la présidentielle, même si un dirigeant du parti s’en défend. « Le plein régime » est toujours prévu pour « l’après-Lyon ». La candidate avait déclaré officiellement en septembre dernier que sa campagne débuterait à Lyon lors d’une convention, les 4 et 5 février 2017. Un rassemblement au cours duquel Marine Le Pen doit présenter son programme électoral.

Sauf qu’il semblerait que la présidente du Front national ait changé ses plans. Entre une émission de radio-télévision mardi, la présentation de ses vœux mercredi, une convention thématique consacrée à l’entrepreneuriat jeudi, une rencontre avec les journalistes de l’Anglo-American Press Association of Paris et un déplacement en Normandie vendredi, et une visite discrète dans une centrale nucléaire samedi, la première semaine de janvier avait vraiment des allures de campagne présidentielle pour Marine Le Pen.

Fillon et Macron comme adversaires principaux

Celle qui n’aura « pas un projet aussi dense qu’en 2012 et qui le détaillera au fur et à mesure de la campagne, selon son coordinateur Jean Messiha, a semble-t-il anticipé son lancement de campagne, pour plusieurs raisons. Déjà, il faut occuper le terrain, face à François Fillon, désigné comme son adversaire principal pour la présidentielle. D’ailleurs, plusieurs frontistes estiment que le candidat de droite est en perte de vitesse. « Ça  se voit dans les médias, il est en contre, il n’est pas en conquête », explique un conseiller de Marine Le Pen.

Le danger viendrait désormais d’Emmanuel Macron, vu comme « un adversaire de rechange en cas de second tour » par l’équipe de la candidate frontiste, surtout depuis son ascension dans les sondages. « Ça a l’air de s’installer. C’était un phénomène très parisien mais sur le terrain, les gens en parlent. Ce n’est pas que du papier ou de la télé », ajoute l’un de ses conseillers.

Le temps presse, pour Marine Le Pen, qui a été annoncée absente au second tour de la présidentielle pour la première fois par un sondage Elabe publié le 5 janvier. Selon l’enquête d’opinion, Emmanuel Macron se qualifierait avec François Fillon, après un premier tour avec Arnaud Montebourg candidat pour la gauche et sans François Bayrou. Mais « pas d’inquiétude« , pour un dirigeant du FN, « Macron c’est comme Kouchner ou Lang : il fait 70% de cote de popularité mais le jour où il se présente, il fait 10% ».

L’équipe de Marine Le Pen aimerait d’ailleurs qu’Emmanuel Macron affronte leur candidate au deuxième tour, plutôt que François Fillon. Le terrain serait plus favorable, il y aurait une opposition « chimiquement pure », entre un « mondialiste » et une « patriote », si l’on en croit l’entourage frontiste.

Mais pour obtenir ce scénario, il faut déjà se qualifier pour le second tour en gagnant « la bataille de la confiance, de la crédibilité », estime Jean-Lin Lacapelle, conseiller régional d’Île-de-France chargé de la mobilisation. Et peut-être se débarrasser des ennuis judiciaires que connaît le parti. Après l’ouverture d’une enquête préliminaire en lien avec la campagne FN des élections régionales en 2015, le parquet de Paris a ouvert tout début janvier une information judiciaire, sur des soupçons d’emplois fictifs concernant les assistants des eurodéputés frontistes au Parlement européen.


Copyright RTL avec AFP

Janvier 2017