Les ouvrières, exploitées (et discriminées) dans les usines de jouets en Chine

Début décembre, à Paris, une barbie géante s’est invitée à deux pas des grands magasins. Les passants pouvaient se faire photographier à côté de la boîte rose XXL contenant une poupée en bleu de travail et enceinte.

Une campagne menée par l’ONG ActionAid-Peuples solidaires pour interpeller les consommateurs à l’approche des fêtes sur les conditions de travail des ouvrières dans les usines de jouets en Chine – où sont fabriqués 65% des jouets vendus en France, selon l’Association des créateurs-fabricants de jouets français. Soumises à des conditions de travail difficiles et dangereuses, les travailleuses sont aussi discriminées en raison de leur genre, par exemple lorsqu’elles sont enceintes, d’après une enquête menée dans quatre usines chinoises de jouets (produisant pour le compte de Mattel, Hasbro ou encore Fisher-Price) en 2016, qui a révélé des «violations des droits des femmes qui amplifient les inégalités de genre au travail».

«Si le monde des jouets semble féerique pour les enfants, il est synonyme de violations de droits pour les travailleuses : isolement des proches, onze heures de travail par jour, six ou sept jours par semaine, environnement à risque, salaire minimum insuffisant pour subvenir à leurs besoins, conditions de vie déplorables – dortoirs minuscules, souvent sans douche chaude, y compris en hiver», dénonce l’ONG dans une pétition en ligne, signée par plus de 12 000 personnes, qui demandent aux fabricants de garantir des conditions de travail décentes dans leurs usines et chez leurs sous-traitants. Mattel assure de son côté à l’AFP s’être «engagé à ce que chaque personne fabriquant nos jouets et nos produits soit traitée équitablement, avec respect, et puisse travailler dans un environnement sûr et sain». En attendant, pour un jouet de la marque vendu 20 euros, les ouvrières chinoises perçoivent moins d’un euro, tandis que 2,50 euros sont dépensés en pub.


Revue de presse

Janvier 2017