France – « Les femmes plus vulnérables face au sida, mais invisibilisées » Le Planning Familial

Un hashtag : #NousExistons. A l’occasion de la journée internationale de lutte contre le sida, le 1er décembre, le Planning familial a tiré le portrait de femmes séropositives. «Un tiers des personnes séropositives en France sont des femmes. Pourtant, elles sont encore trop absentes des messages de prévention et de la recherche […] Doivent-elles crier pour se faire entendre ?» interroge l’affiche de campagne.

Depuis une dizaine d’années, l’épidémie se «féminise», les femmes cumulant des «facteurs de vulnérabilité biologiques et sociaux». L’utilisation de certains contraceptifs hormonaux, par exemple, favorise l’incidence du VIH.

Mais l’augmentation de la part de femmes atteintes par le virus s’explique surtout par des inégalités de genre. «Le sexisme, l’inégal accès aux moyens de prévention, la précarité et les violences les exposent tout particulièrement au virus», énumère le Planning familial. Pourtant, les femmes sont encore absentes des messages de prévention comme de la recherche. Comme si c’était une affaire d’hommes.

Au début de l’épidémie, «quand il s’est agi de construire des catégories basées sur des facteurs de risques (rapports homosexuels, usage de drogue…) […] les femmes ont été classées dans la case « sans facteur de risque »», rappelle le Planning familial. Conséquence de cette invisibilité : les femmes sont mises de côté dans les recherches cliniques. Elles sont notamment sous-représentées dans les essais thérapeutiques, ne représentant que 10 à 20% des effectifs. Or l’efficacité des molécules et leurs effets secondaires peuvent varier selon le sexe.

Les femmes doivent aussi faire face à des réactions particulièrement violentes lorsqu’elles sont séropositives. Il y a les phrases du type «Je ne te crois pas, ce n’est pas possible, tu ne ressembles pas à ces gens-là», rapportée par Catherine Kapusta-Palmer, membre du Planning familial et séropositive. Mais aussi des chiffres : en 2014, les femmes étaient deux fois plus nombreuses que les hommes à perdre leur emploi après avoir annoncé leur maladie (36% contre 18%).

En décembre, on a aussi parlé de l’adoption du délit d’entrave à l’IVG au Sénat, visant à pénaliser les sites anti-avortement.


Copyright Libération

Janvier 2017