Brésil – Le harcèlement de rue est devenu un délit à Buenos Aires depuis le 7 décembre 2016

Haro sur les piropos : ces remarques, lancées aux femmes dans la rue ou les transports en commun, sont (malheureusement) une véritable institution en Argentine. Peut-être plus pour longtemps.

Le 7 décembre 2016, le gouvernement de la ville Buenos Aires a voté une loi faisant du harcèlement de rue un délit. Ceux qui «harcèlent, maltraitent ou intimident […] des personnes en fonction de leur genre, de leur identité et/ou de leur orientation sexuelle» dans l’espace public seront passibles de travaux d’intérêt général et d’amendes allant jusqu’à 1 000 pesos argentins (environ 60 euros), rapporte La Nacion.

Ce n’était pourtant pas gagné : le président Mauricio Macri avait légitimé les piropos il y a deux ans, alors qu’il était maire de Buenos Aires, affirmant que cela plaisait aux femmes, et clamant s’y livrer lui-même. Une prise de conscience a eu lieu depuis, en partie grâce à Aixa Rizzo, une étudiante argentine de 20 ans, qui a témoigné dans une vidéo du harcèlement de rue dont elle était victime, et de l’agression à laquelle elle avait échappé (et qui n’a pourtant pas été prise au sérieux par la police).

Selon l’organisation MuMaLá (Movimiento de Mujeres de la Matria Latinoamericana), 87% des femmes se sentent obligées d’adopter des stratégies afin de se sentir plus en sécurité dans la rue, en évitant certains lieux – et 100% des femmes affirment avoir déjà été confrontées au harcèlement de rue. En France, une étude de 2015 du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes a donné des résultats également sans appel : 100% des femmes interrogées indiquaient avoir déjà été harcelées dans les transports en commun. Si un plan national de lutte contre le harcèlement sexiste et les violences sexuelles dans ces lieux de passage a été lancé, le Sénat a décidé de supprimer en janvier du projet de loi sur la sécurité dans les transports l’article qui devait prévenir le harcèlement dans le métro, le bus ou le tram.


Revue de presse

Janvier 2017