Argentine – Gabriel Herrera condamné pour meurtre tue sa compagne lors d’une visite conjugale

Argentine – Gabriel «Chirete» Herrera, un prisonnier a tué sa compagne Andrea durant une visite conjugale. En 2006, déjà incarcéré, il avait étranglé à mort sa première épouse.

Une terrible récidive… en prison. Gabriel «Chirete» Herrera, un détenu argentin de 39 ans condamné en 2003 pour meurtre et braquage, a tué vendredi Andrea Neri, sa compagne de 19 ans, annonce «La Nacion». Le meurtre s’est déroulé au sein même de la prison de Villa Las Rosas, à Salta, où elle venait lui présenter pour la première fois leur fils né début novembre. Tous deux s’étaient rencontrés dans la prison où la jeune femme était venue rendre visite à un de ses cousins. Ils étaient en couple depuis un an, mais ne vivaient leur relation qu’à travers les visites conjugales.

Le trentenaire l’a tuée au cours d’un de ces moments, utilisant une arme tranchante vraisemblablement récupérée d’un atelier de menuiserie de la prison pour la frapper au niveau du cou à cinq reprises. Le détenu est ensuite sorti de la salle et a avoué aux gardiens avoir tué Andrea, tenant dans les bras leur bébé de deux mois.

Ce crime violent n’est pas une première pour Herrera : en mars 2006, incarcéré dans une autre prison à Metán, il avait tué Veronica, son épouse et mère de ses deux fils alors âgés de 4 et 9 ans. Après l’avoir étranglée, il s’était dirigé vers la mère de sa victime pour lui annoncer le meurtre qu’il venait de commettre.

Le meurtrier à la mère de sa victime : « Je viens de tuer votre fille »

Gabriel, le fils de la première victime de Gabriel «Chirete» Herrera, a fait part de sa peine dans un entretien à «El Tribuno» : «J’ai ressenti beaucoup de douleur et de tristesse, c’est très fort pour moi, car ça me ramène à ce qu’il s’est passé il y a près de 11 ans». Le jeune homme de 20 ans n’a pas oublié ce moment terrible où son père a dit «comme ça, froidement» à sa grand-mère : «Je viens de tuer votre fille». «Pour moi, c’est comme si ça s’était passé il y a une demi-heure. Je me souviendrai toujours de chaque détail et de chaque moment.»

Depuis le meurtre de sa mère, il n’a eu aucun contact avec ce père dont il porte le nom. Et il ne souhaite pas en avoir : «Je ne sais rien et je ne veux rien connaître de cette personne. C’est le diable en personne qui détruit des familles.»

« Son père l’avait suppliée de rompre avec lui »

En Argentine, ce féminicide a choqué l’opinion publique. Outre la récidive, «La Nacion» rappelle qu’un autre détenu avait commis un crime similaire le 22 décembre dernier : il a tué sa femme lors d’une visite conjugale, en présence de leurs enfants de 6 et 14 ans. Conrado Viruel, 34 ans et déjà condamné pour le meurtre d’une femme, s’est ensuite suicidé. Le quotidien argentin déplore que malgré les condamnations pour le meurtre de femmes, «les autorités carcérales ont autorisé les visites conjugales avec leurs épouses» : «Et le drame s’est répété». Le gouverneur de la province de Salta a annoncé la suspension du directeur de la prison, qui a rappelé le droit de tous les détenus à recevoir des visites de nature conjugale.

Les parents d’Andrea Neri ont récupéré la garde du petit garçon. José Neri, l’oncle de la jeune femme, a raconté à «El Tribuno» la méfiance de sa famille : «Nous l’avions mise en garde plusieurs fois à propos d’Herrera. Sa mère mais aussi son père, qui l’avait suppliée à de nombreuses reprises de rompre avec lui. Nous étions inquiets à cause de ses antécédents. Elle disait qu’elle savait ce qu’il avait fait à Metán, mais les enfants peuvent être têtus…».


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Janvier 2017