JO-Equipe olympique des athlètes réfugiés tournée vers l’avenir

Voilà déjà quatre mois que dix réfugiés sont entrés dans l’histoire des Jeux olympiques, une aventure qui a changé la donne pour tous ces athlètes.
En août 2016, dix athlètes sont entrés dans l’histoire en prenant part aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro en tant que membres de la toute première équipe olympique d’athlètes réfugiés. Contre toute attente, leurs prouesses ont conquis les cœurs et les esprits de tous à travers le monde entier. Que sont-ils devenus depuis ? Où sont-ils et que font-ils de leur vie ? Comment cette expérience a-t-elle transformé leur existence ?

Tegla Loroupe, 43 ans, kényane, chef de l’équipe des athlètes réfugiés

Tegla Loroupe est un rappel constant de ce que signifient détermination farouche, persévérance et humilité. Coureuse longue distance médaillée, ambassadrice de la paix et, plus récemment chef de mission de l’équipe olympique des athlètes réfugiés à Rio, Tegla a grandi tout au nord du Kenya, dans une zone de tensions où elle a été témoin des effets dévastateurs des conflits.

Suite aux succès de l’équipe, elle a été nommée en octobre personnalité de l’année de l’Organisation des Nations Unies. « J’ai vraiment été honorée et je me suis dit que tout ce qui me pesait sur les épaules, ça en valait la peine. »

Cette kényane de 43 ans convient que l’idée qu’une équipe de réfugiés puisse concourir aux Jeux olympiques lui a d’abord semblé inconcevable. « Quand j’ai commencé à en parler avec le HCR, l’idée même que des réfugiés puissent participer aux Jeux était inimaginable, mais nous avions envie de faire quelque chose pour la paix, » se souvient-elle.

« Ces jeunes n’ont pas demandé à être des réfugiés. » Elle a adressé une demande en ce sens au Comité international olympique et quelques mois plus tard, des épreuves de course à pied étaient organisées dans les camps de réfugiés du Kenya. Elle savait que préparer des athlètes pour les Jeux ne serait pas une tâche facile.

La confirmation qu’une équipe d’athlètes réfugiés prendrait part aux Jeux pour la première fois, l’accueil enthousiaste qui leur a été réservé à la cérémonie d’ouverture à Rio et le message d’encouragement du Pape François sont pour elle des moments historiques.

Elle espère que ces succès l’aideront à améliorer son centre de formation à Nairobi. « Les portes s’ouvrent déjà pour nous, » constate-t-elle. « Certains de nos athlètes sont devenus des ambassadeurs et des porte-parole. »

Tegla a fait sien le surnom que lui ont affectueusement donné les athlètes : « mère des orphelins de mère ». « Je ne refuserai jamais ce surnom, je suis fière d’être leur mère, » dit-elle. « Ces jeunes n’ont pas demandé à être des réfugiés. »

Yusra Mardini, 18 ans, syrienne, 200 mètres nage libre

Yusra Mardini n’a pas ménagé ses efforts durant cette année vécue sur les chapeaux de roue. Depuis qu’elle a pris part aux Jeux de Rio, la nageuse syrienne a pris la parole devant les dirigeants de la planète, rencontré le Pape François et reçu de nombreux prix.

Aujourd’hui, elle s’entraîne dur pour réaliser son rêve : être qualifiée pour les Jeux olympiques de 2020 à Tokyo. Même s’ils n’auront lieu que dans quatre ans, son programme est déjà lourd de séances d’entraînement rigoureux, de camps d’entraînement et de compétitions. Si vous ne savez pas où la trouver, allez voir à la piscine.

« Depuis Rio, je me suis beaucoup entraînée », explique Yusra au HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés. « J’ai aussi beaucoup réfléchi à ce que je pouvais faire pour aider les réfugiés dans le monde. » Yusra est toujours préoccupée par la situation dans son pays natal, la Syrie. Une bonne partie de sa famille élargie vit encore à Damas dans des conditions difficiles.

« J’ai aussi beaucoup réfléchi à ce que je pouvais faire pour aider les réfugiés dans le monde. »

Du fait de sa propre expérience de la fuite et de l’exode, Yusra, 18 ans, se dit déterminée à tout faire pour que le problème des réfugiés demeure une priorité mondiale. Elle souhaite se former pour devenir une conférencière engagée et tirer parti de toutes les occasions très médiatisées, par exemple en prenant la parole au Sommet des Nations Unies pour les réfugiés et les migrants qui a eu lieu à New York au mois de septembre.

« Ce qu’il y a de plus important dans ma vie, c’est la natation, » dit-elle. Je mettrai juste après l’engagement et l’action en faveur des réfugiés. Bien sûr, ce serait bien d’étudier, mais j’ai le sentiment qu’il est actuellement plus important de s’adresser au monde. »

Yiech Pur Biel, 21 ans, soudanais du Sud, course du 800 mètres

Pour Yiech Pur Biel, les Jeux olympiques ont été bien plus qu’une occasion de faire connaître ses prouesses physiques sur la scène mondiale. C’était à la fois son entrée dans les livres d’histoire et une incroyable expérience qui lui a permis de reprendre contact avec sa famille après presque 12 ans.

Il avait été séparé des siens après avoir fui le Soudan du Sud en 2005. Les réseaux sociaux ont permis à sa mère d’apprendre qu’il était à Rio et, avec l’aide du HCR, elle a pu reprendre contact avec lui.

« C’était merveilleux de parler à ma mère après 12 ans », confie-t-il.

Yiech, 21 ans, est devenu un ambassadeur informel des réfugiés. « J’ai une autre famille maintenant, riche de 65,3 millions de réfugiés », dit-il.

Il n’a pas chômé depuis Rio, allant d’une manifestation de haut niveau à l’autre. Que ce soit par sa participation au Sommet des dirigeants sur les réfugiés ou sa présence à la remise de la pétition mondiale du HCR sur les réfugiés, à l’Assemblée générale des Nations Unies, son message n’a jamais dévié : un réfugié est une personne comme n’importe quel autre.

« J’ai une autre famille maintenant, riche de millions de réfugiés. »

Son expérience lui a ouvert d’immenses possibilités, dit-il. « J’ai maintenant la chance de faire connaître mon histoire, et elle a motivé beaucoup de gens. »

« Voyager m’a permis de partager mon histoire avec des gens du monde entier ; »

Il s’entraîne dur pour les Jeux de Tokyo en 2020, où il espère battre le record mondial du 800 mètres, détenu par David Rudisha, un athlète kényan qu’il considère comme un modèle.

« Quand j’ai rencontré Rudisha à Rio, je lui ai dit que je battrai son record à Tokyo, » dit-il. « Il m’a encouragé à y aller et à le battre sans hésitation. »

Rami Anis, 25 ans, syrien, 100 mètres papillon

« Il n’y a pas de doute que ma vie a changé », déclare Rami Anis, un nageur syrien, en réfléchissant aux mois qui se sont écoulés depuis Rio. « Les Jeux olympiques ont renforcé ma détermination. Maintenant, je veux tout miser sur la compétition. »

Rami, 25 ans, raconte que les offres d’interviews et les messages de soutien des célébrités continuent de pleuvoir sur sa page Facebook. Tranquillement assis en survêtement sur le sofa à siroter son thé, Rami dit avoir adoré l’expérience de Rio, même si c’était parfois très stressant.

En Belgique, sa municipalité d’accueil a célébré son succès par une cérémonie spéciale et il a pu s’adresser à des enfants réfugiés pour les inciter à développer leurs talents et à réaliser leurs rêves.

« Maintenant, je veux tout miser sur la compétition. »

Rami dit avoir amélioré son temps en s’entraînant. À Rio, il a nagé le 100 mètres papillon en 56,2 secondes aux éliminatoires, un temps qu’il a réussi à raccourcir de plus d’une seconde depuis lors. Il sait que pour se qualifier pour les Jeux de Tokyo en 2020, il faut qu’il tombe en dessous de 54 secondes, et c’est l’objectif qu’il s’est fixé.

Même s’il a dissous l’équipe olympique officielle des athlètes réfugiés, le Comité international olympique s’est engagé à continuer de soutenir financièrement les dix athlètes jusqu’à la tenue des Jeux de Tokyo 2020.

L’allocation mensuelle de Rami sert à financer les cotisations de son club, les camps d’entraînement, sa participation aux compétitions et l’achat de matériel. Visa lui a accordé un parrainage exceptionnel. « On m’avait fait diverses promesses à Rio et je savais que je serais soutenu, sans me douter d’une telle générosité. »

Rami a encore du mal avec la langue et la culture belges. Quand il ne s’entraîne pas, il passe une partie de son temps avec les membres de son équipe. Il vient juste d’achever un stage d’insertion avec son frère et son père, où ils en ont appris davantage sur la vie en Belgique pour pouvoir mieux s’intégrer et trouver du travail.

Yonas Kinde, 36 ans, Éthiopien et marathonien

À peine quatre mois se sont écoulés depuis la fin des premiers Jeux olympiques de Yonas Kinde, un marathonien éthiopien, mais depuis lors, bien des choses ont changé dans sa vie. Une mini-afro a remplacé la coupe ultracourte avec laquelle il a franchi la ligne d’arrivée à Rio.

Il s’est laissé pousser les cheveux, dit-il, « parce qu’il fait froid » sur la piste où il s’entraîne au Luxembourg.

Ce n’est que l’un des nombreux changements que cet athlète de 36 ans a apporté à sa vie depuis Rio. Il suit des cours de langue et parle d’évidence sans difficulté en luxembourgeois comme en français. Il a aussi commencé à entraîner un jeune Érythréen de 23 ans appelé Abiel.

« Un jour après une course, je lui ai dit ‘il faut que tu t’entraînes avec moi’ », raconte-t-il. « ‘Ça serait bien pour toi’, et puis il a continué. »

« Mon but, c’est d’être sélectionné pour Tokyo. »

Yonas a décroché un contrat d’entraîneur avec un complexe sportif du Luxembourg où il met en pratique ses talents de masseur et de kinésithérapeute, acquis en Éthiopie. Il espère que cette expérience de six mois aura de grandes retombées.

« Ma situation est très difficile. Ma famille est toujours en Éthiopie. Mon objectif est de décrocher un contrat [à plein temps]… Je veux faire venir ma femme et ma fille au Luxembourg. »

Les lenteurs bureaucratiques ne permettent pas de dire quelles suites seront données à cet objectif de regroupement familial, mais Yonas est plein d’optimisme par rapport à un autre objectif.

« Mon but, c’est d’être sélectionné pour Tokyo », dit-il avec une confiance tranquille, parfaitement conscient qu’il aura 40 ans lorsque les meilleurs athlètes mondiaux se retrouveront au Japon en 2020. Il souhaite représenter le Luxembourg dont il a demandé la citoyenneté.

Anjelina Nadai Lohalith, 21 ans, Soudan du Sud, 1 500 mètres

Voyager aux Jeux Olympiques était la réalisation d’un rêve qu’Anjelina Lohalith avait depuis qu’elle était enfant: faire un voyage en avion. L’athlète de 23 ans a été submergée par l’accueil que l’équipe a reçu à Rio.

« Quand nous avons été accueillis par la foule, c’était tellement émouvant pour moi que j’ai versé des larmes », explique-t-elle.

En aidant sa mère quand elle était enfant au Soudan du Sud, elle a effectué beaucoup de course à pied, ce qu’elle ne prenait alors pas au sérieux. Sa vie a changé depuis qu’elle a couru le 1500 mètres à Rio.

« Pour moi, c’était comme un rêve, car je n’ai jamais pensé qu’un jour, une fois, je pourrais courir comme ça », précise-t-elle.

« Il s’agit de passer outre votre statut de réfugié et de se concentrer uniquement sur votre vie. »

Elle se concentre désormais sur Tokyo 2020 et d’autres grandes épreuves d’athlétisme avant. Depuis Rio, elle s’est rendue en Ouganda et au Canada où elle a assisté au Sommet Mondial des Jeunes à Ottawa. Le sommet est un forum mondial pour les représentants de la jeunesse qui discutent des enjeux mondiaux et développent des solutions ‘pour relever les défis du XXIe siècle’.

« C’est vraiment une grande chance pour moi d’encourager beaucoup de résidents dans le camp de réfugiés qui ont regagné l’espoir maintenant », déclare-t-elle.

Son message était clair, surtout pour les jeunes réfugiées. « Si d’autres peuvent battre le record du monde, qu’est-ce qui va m’empêcher de le faire aussi? », explique-t-elle. « Il s’agit de passer outre votre statut de réfugié et de se concentrer uniquement sur votre vie. »

Rose Nathike Lokonyen, 23 ans, Soudan du Sud, 800 mètres

Pour Rose Nathike Lokonyen, 21 ans, son apparition aux Jeux olympiques de Rio, quand elle a mené l’équipe des athlètes réfugiés à la cérémonie d’ouverture, n’était rien de moins qu’un miracle.

« Les Jeux olympiques ont été incroyables », explique-t-elle. « Quand j’ai été élue porte-drapeau et que nous sommes entrés au stade Maracaña, les gens du monde entier nous ont applaudis. »

« Les gens du monde entier nous ont applaudis. »

L’expérience a été une première, non seulement pour Rose mais aussi pour les réfugiés dans le monde entier. Depuis, elle s’est entraînée avec une détermination acharnée, visant à améliorer son temps dans sa spécialité : le 800 mètres.

« Cela m’a donné la passion de continuer l’entraînement. J’ai couru avec [Caster] Semenya (vainqueur de la médaille d’or au 800 mètres) et j’ai besoin de m’entraîner encore pour pouvoir la rattraper », déclare-t-elle.

Rose souhaite poursuivre ses études et s’intéresse à l’informatique et au développement communautaire. Elle a beaucoup voyagé dont en Suisse et en Suède. En Suède, elle a rencontré le Pape François, qui effectuait une visite de deux jours dans le pays dans le cadre de la commémoration du 500e anniversaire de la Réforme protestante.

« C’était incroyable, il m’a serré la main », indique-t-elle en riant.

Elle se sent motivée pour encourager les autres. « Je sais qu’être un réfugié ne signifie pas que vous ne pouvez rien faire que les autres font. C’est juste un statut », ajoute-t-elle.

James Nyang Chiengjiek, 28 ans, Soudan du Sud, 800 mètres

Pour le coureur James Nyang Chiengjiek, l’un des points forts de son expérience olympique de Rio a été sa rencontre avec la star du football brésilien Neymar.

« Il nous a dit d’oublier notre vie d’avant et de nous concentrer sur notre avenir », se rappelle le réfugié sud-soudanais. « Travailler dur et respecter les autres. »

James, 24 ans, vit désormais au Kenya. Il est persuadé que le sport peut l’emmener plus loin que jamais. « Si vous prenez le sport au sérieux, cela peut vous rendre… meilleur », dit-il. « Le sport peut rassembler les gens et rétablir la paix entre eux. »

Il se concentre sur les Championnats du monde d’athlétisme de 2017 et il espère que d’autres réfugiés auront également la chance d’y participer. « Je souhaite que davantage de gens dans les camps de réfugiés se rendent à ces courses car, en tant que réfugiés, nous devons travailler très fort pour passer au niveau suivant », déclare-t-il.

« Je veux aider d’autres jeunes réfugiés dans les camps. »

Son but est de courir le 400 mètres aux Jeux olympiques de Tokyo 2020, qu’il considère comme son défi ultime. « Mon rêve, c’est toujours de gagner un médaille d’or », déclare-t-il. « Je sais que beaucoup souhaitent cette médaille d’or. Pour moi, c’est une question de croire en moi et de travailler très dur. »

Il espère également continuer ses études d’ingénieur. Il sait que d’autres ont le regard tourné vers lui et il veut imiter son mentor, le coureur Kenyan Tegla Loroupe, son chef d’équipe. « Je veux aider d’autres jeunes réfugiés dans les camps », indique-t-il.

Paulo Amotun Lokoro, 24 ans, Soudan du Sud, 1 500 mètres

Paulo Amotun Lokoro a souri en se rappelant son expérience olympique. « C’était tellement incroyable pour moi en tant que réfugié de vivre tant de choses et de rencontrer des gens différents de différentes nationalités », déclare-t-il.

Au cours de ses 24 premières années, il n’avait jamais été ailleurs que son Soudan du Sud natal et le camp de réfugiés de Kakuma au Kenya. Son succès en course lui a valu une sélection dans l’équipe olympique des athlètes réfugiés et une place dans la course du 1500 mètres.

Il admet avoir été émerveillé par le légendaire stade Maracanã et intimidé quand il a vu des visages célèbres. « J’ai rencontré des champions que je n’ai vus qu’à la télévision et que j’avais entendus à la radio. Je ne savais pas si je serais capable de courir avec eux, mais je devais tenir bon et faire de mon mieux », dit-il.

« Je pense que je peux devenir un grand coureur. »

Il n’a peut-être gagné aucune médaille, mais il a quitté Rio plus sage et plus confiant. Paulo est déterminé à s’améliorer sur la piste et à participer à Tokyo 2020 avec une énergie renouvelée en tant que coureur de marathon. Il espère finir ses études et subvenir aux besoins de sa famille au Soudan du Sud.

Surtout, il veut que les réfugiés partout dans le monde soient fiers. « Avant les Jeux olympiques, je n’avais pas beaucoup de formation et je suis arrivé à Rio », déclare-t-il. « Maintenant, avec davantage de temps pour m’entraîner, je pense que je peux devenir un grand coureur et que mes collègues réfugiés soient fiers. »

Popole Misenga, 24 ans, République démocratique du Congo, judoka

Depuis la fin des Jeux olympiques de Rio, le judoka Popole Misenga, âgé de 24 ans, est préoccupé par ses recherches pour retrouver ses frères et sœurs encore en République démocratique du Congo.

Juste avant les Jeux, il était tombé en larmes lors d’une conférence de presse alors qu’il expliquait avoir perdu contact avec ses parents depuis l’enfance. Il a dit espérer un contact avec eux en raison de sa participation aux Jeux – et c’est arrivé.

« Je suis vivant! Je suis vivant! », disait-il lors d’une conversation par téléphone mobile quand il a reçu l’appel de l’un de ses frères.

« C’était la chose la plus importante pour moi depuis la fin des Jeux. Je veux faire venir mes deux frères et une sœur de RDC à Rio », déclare-t-il. « Ils méritent également la chance de reconstruire leur vie dans un autre pays », explique Popole au HCR.

Popole a demandé l’asile au Brésil après son arrivée dans le pays pour participer aux championnats du monde 2013 de judo, avec Yolande Mabika. Il vit aujourd’hui à Brás de Pina, une communauté démunie en périphérie de Rio de Janeiro.

« Je veux participer aux Jeux de Tokyo 2020 pour une médaille. »

Avec Tokyo 2020 à l’esprit, il s’entraîne du lundi au samedi avec le même entraîneur qui l’avait préparé pour les Jeux de Rio. « Je n’avais pas assez de temps pour me préparer aux Jeux Olympiques de Rio », déclare-t-il.

« Mais je vais avoir quatre ans jusqu’à 2020, et je veux concourir à Tokyo pour une médaille », ajoute-t-il, sans savoir s’il y aura une autre équipe olympique de réfugiés et s’il pourrait y participer.

Un autre facteur important dans sa vie a été de devenir un père en novembre.

« J’ai une vie plus stable et je peux mieux subvenir aux besoins de ma famille », dit-il. « Je veux aussi aider les enfants de RDC, car je connais les difficultés auxquelles ils sont confrontés. C’est mon devoir de soutenir les jeunes par le sport. »

Yolande Mabika, 28 ans, République démocratique du Congo, judoka

Chaque jour, avant de partir pour l’entrainement dans l’institut où elle s’est préparée pour les Jeux olympiques de Rio, la judoka congolaise Yolande Mabika consulte sa page Facebook. Sa vie sociale est devenue occupée. « Je suis maintenant une personne plus cool qu’avant, je sourie davantage », dit-elle au HCR. « La tristesse faisait partie de ma vie d’avant. »

Yolande, 29 ans, a également le temps d’assister à des activités comme des déjeuners promotionnels et des événements avec des entreprises ayant parrainé les Jeux olympiques de Rio 2016.

Elle a demandé l’asile au Brésil après son arrivée dans le pays pour participer aux Championnats du monde 2013 de judo.

Avec une subvention du Comité International Olympique et d’autres sponsors, elle a pu quitter une chambre partagée et s’installer dans une nouvelle maison, où elle vit seule. Elle prévoit de créer une organisation pour organiser des activités sportives – principalement du judo – pour des enfants vulnérables. « Le sport fait partie de ma vie et restera avec moi pour toujours. »

« Maintenant, c’est mon tour d’aider les plus vulnérables. »

Cependant, la langue demeure un obstacle. « Pour mettre en place mon organisation, j’ai besoin d’avoir un diplôme universitaire. C’est difficile, mais j’y arriverai. »

Avec le soutien de son entraîneur, Yolande accompagne certains enseignants de l’institut où elle s’entraîne. Elle travaille également en tant que bénévole dans des activités de soutien aux populations vulnérables à Rio.

Récemment, elle a travaillé comme serveuse dans un restaurant dirigé par un chef syrien réfugié qui fournit de la nourriture à des sans-abri. « Quand je suis arrivée au Brésil, beaucoup de gens m’ont aidé à trouver de la nourriture », déclare-t-elle.

« Maintenant, c’est mon tour d’aider les plus vulnérables. »

Le fait de représenter une cause est toujours un sentiment fort pour Yolande. « Je représente toujours les réfugiés, et ce parcours est toujours en moi. »

Warda Aljawahiry a contribué à cette série depuis la Belgique, Josie Le Blond depuis l’Allemagne, Alex Court depuis le Luxembourg, Luiz Godinho et Diogo Felix depuis le Brésil, ainsi que Catherine Wachiaya et Mary Theru Wambui depuis le Kenya.


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Janvier 2017