Bonne gouvernance, corruption : Les femmes gouverneraient mieux que les hommes…?

La croyance populaire voudrait que les femmes fasse de meilleures dirigeants, en raison d’un caractère plus « vertueux » que les hommes. Cette idée est cependant rattrapée par le réel et les profonds problèmes rencontrés par Dilma Rouseff au Brésil, Cristina Kirchner en Argentine et Park Geun-hye en Corée du Sud.

  

Dilma Roussef, Cristina Kirchner et Park Geun-hye doivent répondre de faits de corruption au même moment. Complot ? Illustration que l’égalité homme-femme en politique s’étend aux malversations ? Ou résultat d’un excès d’assurance devant la complexité du réel ?

Il n’est pas nécessaire de mener l’enquête bien longtemps pour repousser les allégations selon lesquelles les femmes qui deviennent impopulaires en ce moment dans la politique mondiale seraient victimes d’une sorte de complot anti-féministe. Selon certaines chroniqueuses (mais surtout dans les réseaux sociaux), l’idée que des forces institutionnelles malmenées, dominées par une conception mâle du pouvoir, aient pu se liguer pour se venger tardivement en les faisant trébucher est assez répandue. Il est certain que ces trois personnages ont entendu imposer des réformes et faire sauter des verrous pour mener une politique sociale en s’appuyant sur une popularité rapide, très grande, mais éphémère.

Dilma Roussef est une ancienne révolutionnaire anti-militaire, Cristina Kirchner a un profil comparable et s’en est prise à l’armée à plusieurs reprises, la Coréenne Park Geun-hye a souhaité défendre le peuple contre les grands groupes, on pourrait penser que les trois ont réveillé le dragon du militarisme, de la finance aveugle et du machisme réunis dans leurs pays sourcilleux.
En vérité tout indique qu’il n’y a même pas eu de contre-attaque de la part de l’Establishment, elles n’ont pas été victimes de manoeuvres sournoises de la part des méchants banquiers, tout au plus, comme pour Hillary Clinton ou Ségolène Royal, de révélations sur leurs méthodes, leurs à-peu-près, leur incommensurable prétention.
  
Le fait de maquiller, de mentir par omission, de mentir tout court, de museler ses adversaires, de mépriser ses opposants, n’est donc pas réservé au monde masculin en politique, et l’idée selon laquelle les femmes seraient « plus mûres », c’est à dire plus sages, moins emportées, moins brutales, est une illusion qui tient à une seule chose : le fait qu’elles n’aiment pas la violence. Mais elles pratiquent tout autant le mensonge, le parjure, la lâcheté que les hommes.
Le mythe de la femme vertueuse qui n’est pas enivrée par le pouvoir, mythe rendu populaire par les films et les romans qui nous présentent volontiers des femmes scrupuleuses et réfléchies, la légende de la femme attentive et compréhensive est battue en brèche par tous ceux qui ont travaillé avec celles qui exercent un pouvoir. Certes elles ne cherchent pas l’affrontement direct mais elles savent discréditer qui elles veulent et il est fréquent qu’elles trouvent une satisfaction particulière à humilier autrui, comme si le secret de leur puissance consistait à affaiblir les autres. Le vrai problème, la grande originalité, la source de leur différence, et finalement le ferment de leur perte comme on le voit avec Ségolène Royal, c’est leur degré d’amour-propre, d’orgueil, leur défaut de réserve, de quant-à-soi, qui leur fait dire et faire n’importe quoi pour avoir raison, comme si leur rapport avec le réel, avec les faits, avec la vérité scientifique, technique, financière était altéré en profondeur par un égo en perpétuelle souffrance.

Et là malheureusement, les femmes qui se sont hissées au plus haut, Anne Lauvergeon, Martine Aubry, Ségolène Royal, Anne Hidalgo et tant d’autres, présentent une faille, un gouffre, un abîme, celui de l’attitude de défi permanent qui se mêle à leur décisions.

   

C’est la part de défi qui entre dans toutes les décisions dont on n’a pas voulu mesurer les conséquences, c’est le « tant pis, ça leur fera les pieds », « on ne va pas s’arrêter pour si peu », c’est l’assurance envoyée à la figure de l’adversaire comme une gifle, qui est la cause de leur chute finale.

Parce qu’en vérité elle est le contraire de l’assurance.

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Décembre 2016