Dilma Rousseff classée parmi les femmes les plus influentes du monde : le Brésil interloqué

Le Financial Times a inscrit Dilma Rousseff à son palmarès des femmes les plus influentes du monde, mettant du coup la présidente brésilienne, destituée récemment, sur le même plan que la première ministre britanniques Theresa May et l’ex-candidate à la présidentielle US Hillary Clinton. Un choix qui en a fait sourciller plus d’un au Brésil.

À l’instar d’autres politiciens et observateurs brésiliens, Nilson Melo, consultant politique et directeur de la société Consultoria Meta e Comunicação, s’est montré très critique à l’égard de la décision du Financial Times de faire figurer la présidente brésilienne Dilma Rousseff sur sa liste des femmes les plus influentes du monde.

La nomination de Dilma Rousseff par le Financial Times est absolument inattendue et injuste, vu la responsabilité de cette celle-ci « dans la crise économiques de ces dernières années », a déclaré M. Melo dans une interview au Financial Times. « Je suis étonné et très critique envers ça, surtout lorsqu’on dit qu’elle a supprimé tous les stéréotypes de la politique brésilienne en menant une soi-disant « politique orientée vers les pauvres ». C’est bizarre considérant que le salaire des Brésiliens a chuté au cours des dernières années sous Dilma. L’inflation, au contraire, a augmenté, et ce n’est que maintenant que l’on arrive à la faire reculer. Tout ceci s’est produit à l’époque de sa présidence. Et ce sont les pauvres qui souffrent le plus à cause de cette inflation », a indiqué le consultant politique.

Nilson Melo est convaincu que la crise actuelle dans le pays a été alimentée par la politique économique irresponsable de Mme Rousseff, qui a détruit le fondement établi de l’économie.

« Avec tout mon respect envers l’ex-présidente, je suis surpris par ce choix, d’autant plus qu’elle a été élevée au rang de protectrice des pauvres. Sans doute, elle voulait protéger les pauvres, mais dans ce cas sa politique économique a été contre productive. Désormais, on a entre 12 et 13 millions de chômeurs, une forte inflation et un chaos total dans le business, ce qui effraie les investisseurs », a conclu M. Melo. Dilma Rousseff a été destituée le 1er septembre dernier. L’affaire a duré des mois, mais la destitution de la présidente brésilienne a finalement été votée au Sénat par 61 voix contre 20. Une procédure controversée, que certains observateurs estiment en décalage par rapport aux attentes de la population. Le procès lancé contre la présidente en avril a été perçu par beaucoup comme une atteinte aux acquis et aux droits sociaux arrachés après plusieurs années de lutte.

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Décembre 2016