Grâce de Jacqueline Sauvage – les politiques unanimes, les magistrats sceptiques

Après la décision de François Hollande, des magistrats émettent des réserves, à l’inverse des politiques.

 JUSTICE – La décision de François Hollande ne rend personne indifférent. Sitôt prononcée ce mercredi 28 décembre, la grâce totale de Jacqueline Sauvage a été unanimement saluée par la classe politique, indépendamment des appartenances partisanes.

Dans les médias ou sur les réseaux sociaux, les réactions de responsables politiques applaudissant le geste du président de la République pleuvent.

« Aujourd’hui, François Hollande prend enfin une décision complète. Il fait en sorte que son droit de grâce, qui est prévu par la Constitution, puisse s’exercer pour Jacqueline Sauvage qui est devenue un symbole, un symbole des femmes battues, un symbole des victimes », a déclaré sur BFMTV Valérie Boyer, porte-parole de François Fillon.

Comme le montrent les tweets ci-dessous, la libération de Jacqueline Sauvage fait l’unanimité, du Parti socialiste au Front national, en passant par Les Républicains ou Debout La France.
Je me rejouis de la grâce de Jacqueline Sauvage par @fhollande. Combattons sans relâche les violences faites aux femmes ! — Arnaud Montebourg (@montebourg).

Enfin la dénonciation de l’omerta dont les femmes victimes de violence font l’objet entendue. Décision forte & juste pour Jacqueline Sauvage — Valérie Pécresse (@vpecresse).

#JacquelineSauvage : enfin ! Une bonne décision ! — Florian Philippot (@f_philippot).

#JacquelineSauvage @fhollande a eu raison d’accorder une grâce totale à cette femme dont le martyr a été compris par tous les français. — JC Lagarde (@jclagarde) 28 décembre 2016

Enfin une sage décision de @fhollande qui a choisi de gracier Jacqueline Sauvage! Je salue le geste. Heureux de la voir retrouver les siens. — N. Dupont-Aignan (@dupontaignan).

« Hollande ne respecte pas la justice »

Du côté des représentants de la justice en revanche, les réactions sont plus mitigées. Interrogée par BFMTV, Virginie Duval, présidente de l’Union Syndicale des Magistrats, a dénoncé une « décision politique ».

« Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne chose. Le président de la République ne respecte pas la justice. Il ne connaît que ce que les avocates de l’intéressée ont voulu dire », a-t-elle déploré. Sur Europe 1, Virginie Duval a surenchéri, fustigeant une « décision consternante » comprise comme une « atteinte totale aux décisions de Justice ».

« Cette décision est consternante / C’est une atteinte totale aux décisions de Justice », dit Virginie Duval, Pdte.

Toujours sur l’antenne de BFMTV, le président de chambre à la cour d’appel de Versailles, Serge Portelli, a de son côté préféré tempérer. « François Hollande a pris une décision à la fois sage, qui prend en compte le symbole que Jacqueline Sauvage a fini par devenir », a-t-il estimé. « Il ne s’agit pas de donner un permis de tuer (…) Il faut quand même faire preuve d’une certaine compréhension », a-t-il poursuivi.

Un avis que partage Frédéric Chevallier, avocat général au second procès de Jacqueline Sauvage, qui dit « respecter totalement la décision » de François Hollande. « La grâce, c’est son droit, je m’incline », a-t-il indiqué sur LCI.

Frédéric Chevallier, l’AG au 2nd procès Sauvage dit « respecter totalement la décision du PR. La grâce, c’est son droit, je m’incline ».

Toujours sur LCI, Delphine Boesel, avocate et présidente de l’Observatoire International des Prisons (OIP) dit avoir « du mal à comprendre » la décision de François Hollande. Si elle se dit « assez contente » pour Jacqueline Sauvage, elle estime que c’est un mauvais signal envoyé à tous les détenus qui s’estiment victimes d’injustice. « Faut-il leur expliquer que seul un engouement médiatique peut leur permettre de sortir ? », s’interroge-t-elle.


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Décembre 2016