Jacqueline Sauvage, symbole des victimes de violence conjugale passera Noël en prison

« C’est absolument dégueulasse ce qu’ils font à cette femme » Selon ses avocats, Jacqueline Sauvage a été dissuadée de déposer une demande de permission pour Noël. Pour la réconforter, la présidente de son comité de soutien, Eva Darlan, appelle les Français à lui écrire.

Jacqueline SAUVAGE, une femme de 68 ans, condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de son mari violent à La Selle-sur-le-Bied (Loiret) en 2012, n’a pas déposé de demande de permission pour les fêtes de Noël. Selon ses avocats, l’administration de la prison de Reau l’en aurait dissuadé pour des raisons « d’engorgement » des dossiers. Jacqueline Sauvage a préféré déposé une demande pour le mois de janvier.

Son comité de soutien appelle les Français à lui écrire, afin de soulager un peu sa peine. « Ça la réconforte. Elle voit bien qu’on l’attend, qu’elle représente quelque chose, qu’elle n’est pas rien, contrairement à ce qu’on lui a dit toute sa vie. On reconnaît sa souffrance », explique Eva Darlan, la comédienne et présidente du comité.

Une justification « honteuse »

Aux yeux d’Eva Darlan, la décision de l’administration est particulièrement cruelle. « La période de Noël est un rassemblement familial, dit-elle. Allez dire à quelqu’un qui est en prison, que ce soit elle ou d’autres, qu’il sera privé de famille. Ils lui refusent une sortie de Noël quand même ! » 

« Comment voulez-vous qu’elle aille bien ? Ce qu’elle vit est absolument terrible. »

Au-delà de l’aspect symbolique de ce refus, c’est la justification de l’administration qui met Eva Darlan hors d’elle : « Il y avait trop de dossiers à traiter, donc ils lui ont dit non, prétextant qu’elle était déjà sortie il y a trois mois. C’est absolument dégueulasse ce qu’ils font à cette femme. Elle est en train de devenir un martyre. C’est une honte ! »

Réagissant aux propos d’Eva Darlan, une source pénitentiaire réfute tout problème de personnel dans la gestion de la demande de permission de Jacqueline Sauvage. « Jacqueline Sauvage n’a pas demandé de permission pour la période de Noël 2016, précise cette source. Le greffe compte un nombre de personnels administratifs et de surveillance suffisant pour faire face à toute demande et ne délaisse aucune demande de détenus pour des questions d’effectifs. »


L’Affaire Jacqueline SAUVAGE

Le 3 décembre 2015, Jacqueline Sauvage a été condamnée en appel à 10 ans de réclusion pour le meurtre de son mari violent qui abusait d’elle et de ses enfants. Une peine largement contestée puisqu’une pétition demandant la libération de Jacqueline Sauvage a déjà recueilli plus de 150 000 signatures, tandis que trente parlementaires ont écrit une lettre au chef de l’Etat pour qu’elle soit grâciée.

« Partiellement graciée par François Hollande, Jacqueline Sauvage pâtit de cette grâce présidentielle partielle »

La cour d’appel de Paris a rejeté, jeudi 24 novembre 2016, la demande de libération conditionnelle de Jacqueline Sauvage. Nathalie Tomasini et Janine Bonaggiunta, avocates de Jacqueline Sauvage, ont dénoncé « une décision assez choquante ». Selon les avocates, la cour d’appel demande, dans ses motivations, à Jacqueline Sauvage d’accepter « pleinement sa peine et les conditions de son exécution, de sortir du discours de survictimisation et d’approfondir les efforts d’introspection ». « On lui reproche la médiatisation » de cette affaire, ont-elles ajouté.

Cette décision intervient trois mois après avoir essuyé un premier refus de la justice, le 12 août 2016, au tribunal d’application des peines de Melun. Devenue un symbole des victimes de violence conjugale, elle a été condamnée deux fois à dix ans de prison pour le meurtre de son mari depuis 2014. Elle avait été partiellement graciée par François Hollande. « Jacqueline Sauvage pâtit de cette grâce présidentielle partielle », ont dénoncé ses avocates après le rejet de la demande de libération conditionnelle par la cour d’appel de Paris.

« En réalité, sa demande de libération conditionnelle a été estimée beaucoup trop prématurée après cette grâce présidentielle. C’est incroyable, ont lancé Nathalie Tomasini et Janine Bonaggiunta. Avec cet engouement de la société et ce message fort envoyé à toutes les victimes de violences conjugales, Jacqueline Sauvage va demeurer en prison. Toutes les femmes victimes ont essayé de l’aider et ça s’est retourné contre elle. »

Jacqueline Sauvage, condamnée pour le meurtre de son mari violent en 2014, avait renoncé à se pourvoir en cassation après un nouveau rejet de sa demande de libération conditionnelle. 

Les filles de Jacqueline Sauvage ont déposé une demande de grâce totale à l’Elysée, ont annoncé ses avocates à l’AFP, vendredi 2 décembre. Graciée partiellement par François Hollande en janvier 2016, Jacqueline Sauvage avait vu ses demandes de libération conditionnelle rejetées par la justice. Le 25 novembre, elle avait renoncé à se pourvoir en cassation pour contester cette décision,« épuisée par ce parcours judiciaire », selon ses avocates.

Un symbole des victimes de violence conjugale

Jacqueline Sauvage a été condamnée à dix ans de prison, en 2014, pour le meurtre de son mari violent, qui la battait, la violait et violait ses filles. Devenue un symbole des victimes de violence conjugale, son affaire a suscité l’émotion et le soutien de nombreuses personnalités.

300 à 400 personnes rassemblées à Paris pour demander sa grâce totale

Dans l’après-midi du samedi 10 décembre, sur l’esplanade des Droits de l’Homme au Trocadéro à Paris. Les manifestants souhaitent montrer leur soutien à Jacqueline Sauvage, condamnée à 10 ans de prison pour le meurtre de son mari violent, et demandent une grâce totale de la part de François Hollande.

La demande de grâce entre les mains de la Chancellerie

Quelques hommes, beaucoup de femmes, dont des militantes Femen, ont répondu à l’appel du comité de soutien à Jacqueline Sauvage. Ce dernier a adressé, une demande de grâce totale au président de la République. La demande a été transmise par l’Elysée à la Chancellerie, chargée de donner un avis avant la réponse définitive du président.


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