Bénin – Les enfants internés dans les couvents Vaudous sont n’ont pas accès à l’éducation

Au Bénin, où la religion vaudou est reconnue par l’état, les enfants malades sont envoyés dans des couvents vaudous pour y être soignés, parfois pendant plusieurs années. Les enfants y sont malnutris et n’ont pas accès à l’éducation et aux soins. Plan International agit dans les communautés vaudous pour sortir les enfants de ces couvents, leur fournir une assistance médicale et les réinsérer dans le système éducatif.

QU’EST-CE QUE LA RELIGION VAUDOU ?

La religion vaudou se décrit par le culte des forces invisibles qui régissent le monde. Elle est née au 17ème siècle dans les pays du golfe du Bénin (Togo, Bénin, Ghana, Nigéria…) de la rencontre entre plusieurs cultes traditionnels existants.

La religion vaudou estime que de nombreuses maladies sont causées par des esprits, que seuls les chefs suprêmes vaudous peuvent soigner. Les enfants malades des communautés vaudous sont donc confiés à des couvents gérés par ces chefs, où ils seront « soignés ».

PLUSIEURS ANNÉES DANS UN ISOLEMENT COMPLET

Les enfants, placés dans les couvents, peuvent y rester jusqu’à 7 ans, complètement déconnectés du monde extérieur. Ils chantent, dansent et apprennent un nouveau langage, mais ils ne reçoivent aucune éducation. Ils sont peu nourris et n’ont accès à aucune installation sanitaire. De plus, ils sont exposés à de nombreux dangers : scarifications, souvent avec des couteaux ou des rasoirs sales, punitions corporelles et même abus sexuels, en particulier pour les filles, que l’on trouve en très grand nombre dans ces couvents.

« J’étais juste habillée avec un morceau de tissu blanc. On m’a appris comment chanter et danser dans le couvent, mais c’est tout. »

« Avant le couvent, j’allais à l’école. J’ai commencé à avoir mal au ventre et quand je suis tombée malade, on m’a amenée ici. » explique Houndedji, 6 ans. « J’étais juste habillée avec un morceau de tissu blanc. On m’a appris comment chanter et danser dans le couvent, mais c’est tout. » Récemment libérée après 2 ans d’enfermement dans le couvent, Houndedji s’enthousiasme : « C’est vraiment bon d’être de retour à la maison et à l’école. J’adore apprendre l’anglais, le français, le sport et les mathématiques. Quand je serai grande, je veux être directrice d’école. »

Les enfants ne sont finalement rendus à leur famille que lorsque les oracles jugent qu’ils sont guéris. À ce moment-là, il est déjà trop tard pour de nombreux enfants qui ne pourront pas rattraper leur retard à l’école.

Afin de lutter contre cette pratique qui prive des milliers d’enfants d’une éducation de qualité, Plan International Bénin, en partenariat avec l’association locale RESPESD, a mis en place l’initiative « Zéro enfants dans les couvents, tous les enfants à l’école ».

Pendant un an, Plan International a mené de nombreuses actions de sensibilisation et de plaidoyer auprès des chefs vaudous du Bénin. Ils ont finalement accepté de réduire la durée maximale de séjour des enfants, de plusieurs années à seulement 3 mois, et si possible pendant les vacances scolaires.

Michel Kanhonou, responsable du programme, précise : « Nous ne pouvons pas empêcher que les enfants aillent dans les couvents – cela fait partie des croyances vaudou. Mais nous avons réussi à convaincre les grands prêtres que l’éducation d’un enfant était primordiale pour son futur. »

LES RÉSULTATS À CE JOUR

Début 2016, 300 enfants, dont 193 filles, ont pu être sortis de ces couvents vaudous. Parmi eux, 280 sont retournés à l’école et 30 ont intégrés des programmes de formation professionnelle.


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Décembre 2016