Oman – Des travailleuses domestiques victimes de la traite humaine et piégées

À Oman, de nombreuses travailleuses domestiques migrantes sont piégées dans des conditions abusives, selon un rapport de Human Rights Watch publié aujourd’hui.

Les autorités omanaises doivent immédiatement prendre des mesures pour réformer le système d’immigration restrictive qui lie les migrantes aux employeurs, leur permettre de bénéficier des protections déjà garanties par le droit du travail aux personnes employées dans d’autres secteurs, et enquêter sur tous les signalements de traite, de travail forcé et d’esclavage. Le rapport de 68 pages, intitulé « ‘I Was Sold’: Abuse and Exploitation of Migrant Domestic Workers in Oman »

« J’ai été vendue : Exploitation des travailleuses domestiques migrantes en Oman et abus à leur encontre »), documente la manière dont la tradition du kafala (parrainage), sur laquelle repose le système du travail des migrantes, et les lacunes d’Oman en matière de droit du travail exposent les travailleuses domestiques venues de l’étranger aux abus et à l’exploitation de leurs employeurs, dont le consentement est nécessaire pour changer d’emploi. Celles qui fuient les maltraitances –coups, sévices sexuels, salaires impayés et horaires de travail excessifs – ont peu de recours et risquent des sanctions juridiques pour « fugue ». Les familles qui les emploient comptent sur elles pour prendre soin de leurs enfants, préparer leurs repas et faire le ménage. Pourtant, de nombreuses travailleuses domestiques migrantes, qui comptent sur leurs salaires pour soutenir leurs propres familles et leurs enfants dans leur pays d’origine, font face à des formes de cruauté et d’exploitation.

« Dépendantes de leurs employeurs, les travailleuses domestiques migrantes en Oman sont à leur merci », a déclaré Rothna Begum, chercheuse sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord auprès de la division Droits des femmes à Human Rights Watch. « Ils peuvent contraindre ces femmes à travailler sans relâche et les priver de salaires ou de nourriture, sachant qu’elles peuvent être punies si elles parviennent à s’échapper, tandis que les employeurs sont rarement inquiétés par des sanctions en cas d’abus ».


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Décembre 2016