Les Nord-Coréens obligés de travailler le week-end pour stimuler l’économie

La Corée du Nord a conclu jeudi une campagne de mobilisation de masse de 200 jours destinée à doper son économie exsangue, ralentie par de nouvelles sanctions imposées par l’Onu après les deux essais nucléaires de Pyongyang cette année.

Après « la campagne de 70 jours » achevée en mai, une version longue de 200 jours a débuté en juin, demandant aux employés de travailler le week-end, et de fournir des heures supplémentaires.

Propagande

Tout au long de la campagne, des dizaines de femmes appartenant à des groupes de propagande, armées de tambours et de drapeaux, étaient positionnées à des endroits stratégiques de Pyongyang pour encourager les gens en partance pour le travail. « Camarade, as-tu mené à bien ton plan de bataille aujourd’hui? », demandait une affiche positionnée devant chaque groupe.

Travail forcé
Pour les experts étrangers, ces campagnes de mobilisation sont, au mieux, inutiles. Certains pensent en revanche qu’elles ont un impact négatif sur la productivité en contribuant à une fatigue généralisée des travailleurs. Pour l’organisation Human Rights Watch, il s’agit ni plus ni moins de travail forcé. Andrei Lankov, professeur à l’Université Kookmin de Séoul, explique que ces campagnes sont surtout une façade, la résurgence d’une époque disparue depuis longtemps.

Objectif
L’objectif numéro un est la production industrielle, en particulier la nécessité de combler le déficit énergétique qui entrave la croissance. Les coupures d’électricité sont monnaie courante à Pyongyang, qui est pourtant privilégiée en tant que capitale. Le lancement en juin de la campagne correspondait à celui d’un nouveau plan économique quinquennal dévoilé par Kim Jong-Un lors d’un rarissime congrès du parti unique au pouvoir en mai. Il s’agissait du premier plan économique du genre depuis des décennies. Mais peu de précisions ont été apportées, en dehors d’objectifs généraux.

Economie nationale
A en croire la Banque centrale sud-coréenne, l’économie nord-coréenne s’est contractée de 1,1% l’an dernier, pour la première fois depuis 2010. En raison de la pauvreté des données économiques provenant du Nord, estimer le PIB nord-coréen est un exercice hasardeux. Beaucoup d’experts jugent cependant évident que les vieilles recettes, comme ces mobilisations de masse, ne sont pas suffisantes si Pyongyang veut relever le défi économique posé par les nouvelles sanctions.

Nucléaire
La Corée du Nord a mené deux essais nucléaires, en janvier et en septembre, ce qui lui a valu deux volées de sanctions supplémentaires. Les exportations de charbon nord-coréennes, importance source de devises, ont notamment été limitées.


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Décembre 2016