400.000 enfants menacés de malnutrition aiguë sévère dans le nord-est du Nigéria

L’UNICEF estime qu’en 2017, 400 000 enfants seront frappés de malnutrition aiguë sévère dans le nord-est du Nigéria. Près d’un enfant sur cinq – plus de 75 000 – mourront s’ils ne reçoivent pas de traitement. L’histoire d’Umara, bébé de sept mois, montre ce qui peut être fait pour sauver ces enfants

MAIDUGURI, Nigéria, 13 décembre 2016 – Fanna Mohammed est très inquiète au sujet de son fils. Umara, qui n’est âgé que de sept mois, est maigre et faible. Sa tête reste posée sur l’épaule de sa mère lorsqu’elle le porte dans ses bras. Umara ne sourit pas.

Sa famille a fui son village situé dans la zone rurale de l’État de Borno en début d’année en raison de la crise causée par l’insurrection de Boko Haram. Umara et sa famille vivent désormais dans un camp pour personnes déplacées à Maiduguri, capitale de l’État de Borno. Ce camp abrite près de 20 000 personnes, dont 8 000 enfants de moins de cinq ans.

Fanna, la mère d’Umara, explique que son fils est malade depuis quelques semaines. Il présente des signes de malnutrition aiguë sévère. Ses côtes ressortent et la peau de ses bras et de ses jambes est flasque.

Aujourd’hui, Fanna, la mère d’Umara, l’a amené dans un dispensaire soutenu par l’UNICEF qui se trouve dans le camp. Près d’une douzaine de femmes sont également là avec leurs bébés. Assises sur un banc, elles attendent patiemment à l’intérieur de la tente que leurs enfants soient examinés et tentent de les distraire pendant ce temps.

Lorsque vient le tour d’Umara, la responsable Nutrition de l’UNICEF, Aishat Mohammed Abdullahi, mesure le tour de bras de l’enfant. Il est de 9 cm – le tour de bras moyen d’un bébé en bonne santé est de 12,5 cm. Umara est ensuite pesé. Il ne pèse que 4,2 kg.

« Cet enfant souffre de malnutrition et de déshydratation sévères », déclare Abdullahi. « Umara est très faible, il ne sourit pas, il ne joue pas, il ne va pas bien du tout. »

Un traitement pour sauver des vies

Umara reçoit immédiatement un traitement contre la malnutrition. Abdullahi montre à Fanna comment nourrir son fils avec une ration d’aliment thérapeutique prêt à l’emploi. Il s’agit d’une pâte à base d’arachide dont la teneur en calories, vitamines et minéraux est élevée.

Trois rations par jour pendant huit semaines peuvent sauver la vie d’un enfant souffrant de malnutrition aiguë sévère. Dans les bras de sa mère, Umara absorbe lentement mais sûrement la nourriture. Avant de pouvoir quitter le dispensaire, l’équipe soignante lui administre un complément en vitamine A, des antibiotiques et un antipaludique.

Umara fait partie des plus de 117 000 enfants du nord-est du Nigéria qui bénéficient d’un programme d’alimentation thérapeutique de l’UNICEF. Cependant, plusieurs milliers d’autres enfants ont besoin d’une aide urgente.

Amélioration de l’état de santé d’Umara

Une semaine plus tard, Umara est de retour au dispensaire pour un deuxième examen. L’amélioration de son état de santé est certes légère mais constante. Ses bras sont un peu plus ronds, il a pris un peu de poids et pèse 4,3 kg.

Lors du troisième examen d’Umara, l’amélioration est plus visible. Il a pris encore plus de poids et pèse maintenant 5,1 kg et son tour de bras est de 10 cm. Il fait toujours partie des enfants souffrant de malnutrition sévère mais l’amélioration visible de son état de santé a rendu l’équipe médicale optimiste. Elle est persuadée qu’Umara va se rétablir complètement s’il poursuit le programme d’alimentation.

« Lorsqu’Umara a été examiné pour la troisième fois, il allait mieux », déclare Abdullahi en souriant. « Il a souri et il a joué ».

Fanna, la mère d’Umara, est visiblement soulagée. Pour la première fois en trois semaines, elle sourit en prenant dans ses bras un Umara plus éveillé et énergique.

« Il peut jouer, manger et boire maintenant ! », dit-elle. « Il n’est plus malade. Il est heureux ! »


Copyright UNICEF par Katerina Vittozzi

Décembre 2016