Sénégal – Immigration : l’OIM pour une humanisation des politiques d’immigration

Dakar, Sénégal – L’Oim et ses partenaires ont appelé, vendredi 16 décembre, à une humanisation des politiques d’immigration. Ils célébraient la journée internationale dédiée aux migrants. La rencontre, organisée en partenariat avec la coopération espagnole, s’est tenue à l’Ecole supérieure polytechnique (Esp) de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad).

L’antenne sénégalaise de l’Organisation internationale pour les migrations (Oim) a célébré, le 16 décembre, la Journée internationale des migrants, de concert avec la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (Ficr), autour du thème « Respect, sécurité et dignité pour tous ; quelles contributions positives des migrants ? »

A l’occasion, le chef du bureau de l’Oim Sénégal, Jo-Lind Roberts Sène a d’abord regretté le concept « Barça ou Barsax », qui signifie « l’Europe ou la mort ».

Pour Madame Jo-Lind Roberts Sène, il faut une autre alternative à l’immigration irrégulière. Mme Sène déplore le fait que les migrants ne saisissent pas les opportunités qui s’offrent à eux pour séjourner conformément aux lois des pays d’accueil. Les jeunes qui tentent de partir ne sont pas bien informés. Le manque d’accès aux services, la pauvreté poussent, d’après elle, les candidats à aller vers l’immigration ou à l’aventure tout court.

Cette journée a été consacrée aux efforts conjoints portés par la société sénégalaise pour transformer la migration en un atout et un choix sûr, vecteur de stabilité pour le Sénégal, ses communes et ses habitants.

Selon Ngoné Ndoye, présidente de l’Ong Femmes, enfants, migration et développement communautaire (Femidec), les difficultés rencontrées dans l’immigration poussent les candidats à choisir la voie illégale. « Nos partenaires sont convaincus que nous devons humaniser la migration, les pays européens ont besoin de rajeunir leur population », a déclaré l’ex-ministre des Sénégalais de l’Extérieur, non sans ajouter que la migration est « un atout de développement pour les pays d’origine et d’accueil ».

Mme Ndoye a déclaré que 4.000 Sénégalais sont entrés irrégulièrement en Italie, sans compter ceux qui ont suivi le même chemin illégal de l’Allemagne, des Etats-Unis, de l’Afrique du Sud, de l’Arabie Saoudite, etc. Ngoné Ndoye a affirmé que l’on est dans l’incapacité de recenser le nombre de Sénégalais basés à l’extérieur. « Nous lançons un appel à la communauté internationale à ouvrir les frontières pour humaniser les frontières », a-t-elle invité.

Interpellé sur les obstacles notés dans les centres de rétention, le secrétaire général de la Croix-Rouge Sénégal, Mamadou Sonko, a précisé que leur organisation ne peut pas se substituer aux Etats. Il a révélé que des candidats à l’immigration refusent de retourner au bercail. Pour cette année, une cinquantaine de cas ont été connectés à leurs familles qui étaient restées sans avoir leurs nouvelles.


Copyright Le Soleil par Serigne Mansour Sy CISSE

Décembre 2016