Violence conjugale – Valentina Guebuza, la fille de l’ancien président mozambicain, tuée par son époux

Considérée comme l’une des femmes les plus riches d’Afrique, la femme d’affaires de 36 ans est morte lors d’une dispute conjugale de quatre balles à l’abdomen.

La femme d’affaires et fille de l’ancien président mozambicain Valentina Guebuza a été tuée par balles, mercredi 14 décembre au soir, au cours d’une dispute avec son mari à son domicile. Atteinte de quatre balles à l’abdomen, la victime est morte lors de son transfert à l’hôpital, d’après la police mozambicaine. « La première indication que nous ayons est qu’il s’agit d’un cas authentique de violence conjugale », a déclaré le porte-parole Inacio Dina, jeudi, en conférence de presse. L’époux, Zofimo Muiuane, a été immédiatement placé en détention, a-t-il précisé.

Fille de l’ancien chef d’Etat Armando Guebuza, à la tête du Mozambique entre 2005 et 2015, la femme de 36 ans dirigeait la holding familiale, Focus 21, l’un des groupements d’entreprises les plus puissants du pays. L’« Isabel dos Santos » mozambicaine avait été classée septième femme la plus puissante d’Afrique par le magazine Forbes en 2013, et avait des intérêts dans la banque, les télécommunications, les transports, les secteurs miniers et immobiliers.

Digne représentante de la jeunesse dorée de l’élite du Frelimo, le parti au pouvoir, la femme d’affaires influente avait épousé Zofimo Muiuane en 2014 devant 1 700 convives. A l’époque, le quotidien électronique A Verdade avait qualifié la cérémonie de « mariage de l’année », compte tenu des intérêts financiers en jeu.

Violences contre les femmes

L’ancien président, surnommée « Guebusiness » pour sa propension aux affaires, est connu pour avoir fait fructifier ses intérêts tout au long de son passage au pouvoir par l’intermédiaire de ses enfants. Valentina Guebuza avait ainsi obtenu en 2014, sans concours public, le marché de la migration digitale pour son entreprise StarTimes Media. L’opération avait fait grand bruit.

Aujourd’hui éclaboussé par le « scandale des dettes cachées » – 2 milliards de dollars empruntés en 2013 et 2014 en toute opacité pour financer un programme d’armement –, l’ancien président est désormais honni jusque dans son propre parti, même s’il demeure influent. Aux yeux de l’opinion, il est perçu comme le responsable de la dégringolade économique actuelle du Mozambique, et l’artisan de la réactivation du conflit armé avec la Renamo.

La violence contre les femmes est une problématique grave au Mozambique, comme le montre une étude rendue publique mardi par l’ONU-Femmes et l’Université Eduardo Mondlane. Celle-ci révèle que six femmes interrogées sur dix auraient déjà fait l’objet de violences physiques ou verbales sur les douze derniers mois dans les espaces publics de la capitale. La situation est pire dans les écoles, où les enseignants masculins exercent bien souvent du chantage sur leurs élèves : sept jeunes filles sur dix affirment avoir déjà fait l’objet de violences sexuelles.


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Décembre 2016