Algérie – ouverture du séminaire sur les femmes africaines dans les processus de médiation

Constantine, Algérie – Un séminaire de haut niveau sur les femmes africaines dans les processus de médiation, organisé par le Réseau panafricain des sages (PANWISE), sur le thème «Faire taire les armes d’ici 2020 : inclure les femmes dans les processus de médiation post-conflit, à la table des négociations de la paix et dans les mécanismes de cohésion sociale» se tient depuis le 12 décembre à Constantine.

Au cours de la première journée, les débats ont tourné autour des thèmes « Les femmes à la table des négociations de la paix et dans les processus de médiation», «Relater les expériences de plus de 25 ans, des femmes dans le domaine de la médiation et de la diplomatie préventive en Afrique», «Évaluer les défis et les opportunités dans le contexte des menaces émergentes à la paix et la sécurité» et «Impliquer les femmes dans les actions et les efforts de médiation visant à prévenir et contrer l’extrémisme et le terrorisme».

Avec les participations de Madame Mounia Meslem, ministre algérienne de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, et de l’ancienne présidente de la République centrafricaine, Mme Catherine Samba Panza, les travaux se poursuivront jusqu’au 13 décembre et devront déboucher sur des recommandations pour des actions concrètes et des prospectives d’avenir afin d’appuyer la participation des femmes aux processus de prévention des conflits et de médiation, sous forme d’un document final, lequel sera soumis aux Chefs d’État et de gouvernement de l’UA, pour examen et adoption, lors de leur sommet de janvier prochain.

Mme Mounia Meslem, ministre algérienne de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, a plaidé pour une participation plus large de la femme africaine dans la résolution des conflits qui minent le continent.

«Aujourd’hui, il nous appartient de donner la parole à la raison, celle des femmes, notamment, qui doivent trouver des solutions aux problèmes lorsqu’ils sont posés, et laisser agir la diplomatie comme cadre d’action pacifique et raisonnable qui favorise l’échange et le partage, qui œuvre au développement de la concertation et du dialogue, et qui promeut les droits de l’homme en étant leur défenseur acharné sur la scène internationale», a-t-elle estimé, considérant que la femme algérienne, «atteinte dans sa chair pendant la décennie noire, a un rôle capital à jouer dans cette dynamique, particulièrement depuis l’adoption de la nouvelle Constitution qui, en posant le principe des quotas, a clairement défini le cadre de participation de celle-ci à la prise de décision et de son action à tous les échelons de la sphère politique».

De son côté, l’ambassadeur Smaïl Chergui, commissaire de l’Union africaine à la paix et à la sécurité, a rappelé que l’inclusion des femmes dans les processus de paix a été une préoccupation constante de l’Organisation continentale, et ce déjà du temps de l’Organisation de l’Unité africaine et du Comité des Femmes africaines pour la Paix et la Sécurité, dont le but était de «contribuer à la paix et au développement en Afrique en renforçant la voix des femmes dans les organisations régionales et sous-régionales, les États et la société dans son ensemble».

Abordant les objectifs du séminaire, l’orateur a soutenu que celui-ci se voulait comme « un moment d’échange d’expériences positives avec les différents partenaires et d’enseignements à tirer ensemble pour renforcer le gisement des femmes médiatrices».

M. Chergui a également retracé les grandes lignes du programme élaboré en 2015 par la commission qu’il préside,  basé, entre autres, sur « la mise en œuvre d’une série de formations intensives visant à renforcer les capacités des femmes et à les préparer à servir de médiatrices à tous les niveaux, la création d’une banque de données de femmes aptes à exercer des fonctions de médiation et la collaboration avec des centres universitaires d’excellence afin d’encourager les jeunes femmes à s’investir dans ce domaine», soutenant que beaucoup a été réalisé pour la mise en œuvre dudit programme ; preuve en est la formation, en moins d’un an, de près de 100 femmes dans le domaine de la médiation et des négociations de paix, l’objectif étant d’en former au moins un millier à l’horizon 2020.

Donnant suite à la demande du Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA, le séminaire qui prend fin aujourd’hui a pour principaux objectifs de faire mieux connaître le rôle et la participation des femmes à un large éventail d’activités de médiation et de prévention des conflits en Afrique, identifier les obstacles qui entravent la participation effective de celles-ci aux divers processus, élaborer des stratégies pour renforcer leur action et le rôle de premier plan qu’elles jouent dans les efforts de rétablissement de la paix, stimuler le dialogue entre les États membres de l’UA, les institutions intergouvernementales régionales et les organisations de la société civile sur les opportunités, les lacunes et les solutions en vue de renforcer l’autonomisation des femmes, et enfin identifier, partager et documenter les enseignements tirés, les meilleures pratiques et les relations avec des mécanismes similaires non africains, ainsi qu’avec des partenaires de mise en œuvre.

 


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Décembre 2016