L’ONG Abaad en campagne contre l’article 522 du code pénal

L’association Abaad a observé hier un sit-in devant le Parlement pour revendiquer l’abrogation de l’article 522 du code pénal, qui stipule qu’un violeur peut échapper à la condamnation s’il reconnaît son crime et épouse sa victime.

Une proposition d’abrogation de cet article a été présentée par le député Élie Keyrouz, et était discutée hier dans le cadre de la commission parlementaire de l’Administration et de la Justice. Plusieurs députés ayant participé à la réunion se sont d’ailleurs joints aux manifestants, notamment Samir Jisr (bloc du Futur), Ghassan Moukheiber (bloc du Changement et de la Réforme) et Élie Keyrouz (bloc des Forces libanaises, FL).

Représentant l’association, Diana Hayek a précisé que « ce sit-in symbolique vise à lancer un message clair aux députés, plus précisément à la commission de l’Administration et de la Justice, en faveur d’une abrogation totale de l’article 522 ». Et d’ajouter : « Un simple amendement du texte, quel qu’il soit, ne donnera pas le résultat escompté, mais aggravera la situation, bien au contraire. Nous avons, parmi nous, des femmes violées qui ont été obligées à épouser leur violeur. En fait, c’est les exposer à un viol à vie, après le premier crime. Voilà pourquoi nous demandons aux députés d’annuler purement et simplement cet article de loi. »

Pour sa part, le député Samir Jisr a confirmé que les députés de la commission « ont examiné la proposition d’abrogation de l’article présentée par Élie Keyrouz ». « Au sujet du viol, il y a une unanimité contre un tel article, d’où le fait que nous avons besoin d’une loi pour qu’il soit annulé », a-t-il dit.

Le député Ghassan Moukheiber a fait état « d’un accord de principe sur l’abrogation de l’article 522 relatif aux crimes de viol, afin que le violeur n’échappe plus à la condamnation même s’il avoue son crime et qu’il épouse sa victime ».

Enfin, le député Élie Keyrouz, auteur de la proposition, affirme « avoir demandé l’annulation pure et simple de l’article de loi ». « Nous avons étudié cette proposition, qui a été transférée par le président du Parlement à la commission, durant trois réunions consécutives, et nous continuerons à le faire jusqu’à l’abrogation du texte », a-t-il insisté.

Par ailleurs, le département de développement du rôle de la femme au sein des FL a annoncé, dans un communiqué, qu’il soutenait la proposition du député Keyrouz pour l’abrogation de l’article 522 du code pénal.


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Décembre 2016