Le combat de Céline, handicapée, mais femme et élégante avant tout

celine-charlier-morrelleCéline Charlier-Morrelle, Ghyveldoise et maman de deux enfants, souffre d’un handicap moteur cérébral qui l’oblige à vivre en fauteuil. Mais la fatalité ne fait pas partie de son vocabulaire : elle préside une association régionale pour la reconnaissance et l’épanouissement de la femme handicapée.

Les paupières fermées, caressées par la touche soyeuse et poudrée du pinceau à fond de teint. Puis le trait de crayon pour souligner le regard. La séance maquillage est 100 % féminine. À quelques clics de là, d’autres photos de défilés, des robes de soirée, du strass, du glamour. On oublierait presque que les modèles présents sur les photos de cette page Facebook sont assis sur des fauteuils roulants. «  Nous sommes avant tout des femmes, avant d’être handicapées  », résume Céline Charlier-Morrelle.

pas de ghetto

Passionnée depuis longtemps par la mode et la beauté, cette «  maman à roulettes  », comme elle se définit, a choisi en 2014 de prendre le taureau par les cornes. «  J’en avais assez de voir des femmes handicapées s’interdire d’être elles-mêmes  », raconte-t-elle.

Sur le modèle d’une association du Doubs, elle crée l’Association pour la reconnaissance et l’épanouissement de la femme handicapée (AREFH) pour le Nord. Mais la structure, qui compte pour le moment une quinzaine d’adhérents, n’œuvre pas dans l’accompagnement social. «  Ça, je le fais tous les jours dans mon métier !  », lance la Ghyveldoise, qui travaille à l’APAHM (association d’aide aux personnes à handicap moteur) depuis neuf ans. Non. Sa mission, sa quête presque, est de briser la barrière du handicap, de révéler la femme qui sommeille en chaque corps parfois diminué. «  De changer le regard des autres, mais aussi celui de la femme handicapée sur elle-même. »

La solution : «  Nous incruster dans tous les salons, comme au salon du mariage à Lille récemment, partout où les femmes sont présentes. Ou organiser nous-mêmes, c’est encore mieux !  » Ce 3 décembre, avec un défilé de mode. Mais ces événements restent mixtes : moitié valides, moitié handicapés. «  Je ne veux surtout pas créer un ghetto ! Rester entre nous serait horrible et contre-productif  », assure Céline Charlier-Morrelle.


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Décembre 2016