Le Vietnam ouvre son premier service de traitement substitutif aux opiacés pour les détenus

vietnamVietnam – « En 2010, j’ai participé à un voyage d’étude pour en savoir plus sur les programmes de substitution à la méthadone dans les prisons en Espagne. J’ai pu constater les impacts positifs de ces programmes sur les détenus en tant qu’individus et sur les établissements pénitentiaires dans leur ensemble, et j’ai fait part des résultats et des recommandations de cette visite au Ministère de la Sécurité publique », raconte Nguyen Xuan Truong, Directeur de la prison de Phu Son. « Il a fallu attendre un certain temps depuis, mais je suis heureux que Phu Son soit la première prison du Vietnam à proposer des services de substitution à la méthadone aux détenus ».

Le lancement du service pilote de traitement substitutif aux opiacés à la prison de Phu Son marque une étape considérable dans les efforts de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et du gouvernement vietnamien en faveur de la prévention, du traitement et des soins anti-VIH dans les prisons du pays.

« Depuis 2009, l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime travaille avec le gouvernement vietnamien pour proposer un traitement substitutif aux opiacés dans le cadre d’un ensemble de services anti-VIH complet pour les personnes qui vivent et travaillent dans les prisons », explique Christopher Batt, Responsable de l’ONUDC.

Le traitement substitutif aux opiacés est un service fondé sur des données probantes pour la dépendance aux opiacés. Il permet de réduire la consommation d’opiacés en éliminant les symptômes de privation et l’état de manque et de faire reculer le risque de transmission du VIH ou d’autres infections transmissibles par voie sanguine ainsi que les comportements criminels. Il permet en outre d’intégrer le patient dans un continuum de soins pendant et après son séjour en prison.

« L’unité de service de traitement substitutif aux opiacés devrait améliorer la qualité de vie des détenus, en réduisant la transmission du VIH et d’autres maladies et en faisant baisser le taux de rechute et d’overdose dans les établissements de détention », ajoute M. Batt.

Selon les estimations du Ministère de la Sécurité publique vietnamien, trois détenus sur dix consomment des drogues.

Les détenus sont davantage exposés au risque d’infection à VIH ou d’autres infections transmissibles par le sang, notamment les hépatites virales B et C, ainsi qu’au risque de rechute ou d’overdose si leurs besoins en traitement ne sont pas couverts.

Une deuxième unité de service de traitement substitutif aux opiacés sera bientôt mise en place à la prison de Thanh Xuan et il est prévu d’étendre le service à d’autres prisons.


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Novembre 2016