Francesca De Antoni « La violence basée sur le genre est un problème de longue date, mais aujourd’hui on commence à en parler »

Bamako, Mali- J’habite et je travaille dans la capitale Malienne. Les weekends, quand je regarde ce qui se passe dehors, je vois les hommes jouer aux cartes ou aux échecs, mais les femmes, elles, sont toujours en train de travailler. De ma terrasse, je les vois cuisiner dans leur cour ou s’occuper d’autres tâches ménagères. Les rôles entre les sexes sont fermement établis. J’ai entendu dire que la situation est pire dans les milieux ruraux.

Au Mali, la violence basée sur le genre constitue l’une des plus grandes sources d’inquiétude auxquelles les femmes sont confrontées. Pourtant, la stigmatisation est telle qu’elles n’en parlent pas. Dans certains cas, cette violence est même considérée comme « intégrante à la culture ».

francescadeantoniAprès un conflit, il existe toujours une opportunité de mieux reconstruire.

La violence basée sur le genre est un problème de longue date, mais aujourd’hui les gens commencent à en parler. Les formations proposées par l’initiative de consolidation de la paix permettent de changer les mentalités. Avec les parlementaires, nous plaidons en faveur de la mise en place d’une loi détaillée portant sur la violence basée sur le genre.

Quand il est question de paix, les hommes sont toujours les principaux intervenants dans les discussions officielles. Cela doit changer.

J’ai rencontré des femmes tout à fait exceptionnelles qui dirigent l’initiative des Huttes de la paix au niveau communautaire. Elles abordent toutes sortes de questions. Une fois, j’ai entendu dire qu’elles s’étaient chargées de résoudre un cas de discrimination ethnique à l’égard d’un enfant dans une école. Elles sont allées voir le principal et le problème a été résolu. C’est ce que j’appelle consolider la paix à tous les niveaux ! Deux nouvelles huttes de la paix seront créées à Ménaka et Tombouctou, l’année prochaine. »


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Novembre 2016