Martine Libertino, peintre, philosophe, écrivain et médiatrice pour la paix

Suisse – De retour de Kinshasa, Martine Libertino nous ouvre les portes de son appartement hermançois. A l’intérieur, Larry, le cocker, nous accompagne jusqu’à un bureau offrant une vue plongeante sur le lac. C’est d’ici que la présidente de l’Association « Duchamps-Libertino » assure le suivi de ses programmes de formation de médiateurs pour la paix et de l’Ecole d’éveil philosophique qui accueille enfants et adolescents à Genève, Lausanne, Kinshasa et Port-au-Prince.

Peintre, philosophe et écrivain

martine-libertinoMais qui est donc cette femme à la créativité foisonnante? Difficile de répondre à cette question, tant cette artiste sort du lot. Peintre, philosophe, écrivain, médiatrice pour la paix, son parcours ne ressemble à aucun autre. «Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été différente des autres, confie Martine Libertino. Petite, je passais mon temps à dessiner et à écrire des poèmes. A 11 ans, je lisais Sartre et Zola. Mon besoin de créer était totalement incompris par mes parents et je vivais dans un milieu très conflictuel. Je n’ai d’ailleurs jamais trouvé ma place dans ma famille.»

Adolescente, la jeune femme suit les Beaux-Arts et fait une formation de décoratrice. Elle rêve de quitter le domicile familial toulonnais. L’occasion se présente lorsqu’un Genevois ayant rendu visite à sa sœur lui propose de lui trouver une chambre à Genève. La jeune fille de 18 ans quitte alors la Côte d’Azur avec pour seul bagage une petite valise. «Je me suis retrouvée dans une horrible chambre à Gaillard! J’ai découvert le froid et des gens qui me semblaient fermés. Cela a été très dur.»

Quinze jours plus tard, Martine est engagée au Grand Passage (aujourd’hui Globus) comme décoratrice. Elle y restera quatre ans avant de se mettre à son compte avec son compagnon d’alors. Quelques années après, elle ouvre son atelier de tissage à Carouge, puis évolue vers la peinture abstraite.

C’est au début des années 80 que cette Genevoise d’adoption trouve sa deuxième voie: elle veut consacrer sa vie à aider l’humanité. «J’ai pris conscience de mes capacités à aider les gens et j’ai commencé à donner des consultations, puis j’ai fait de la médiation de couple, familiale et dans le cadre professionnel. Je me suis formée seule car à l’époque, personne ne parlait de médiation.»

Du Congo à Haïti

Un matin de l’année 1992, Martine Libertino se lève avec une certitude: elle doit partir en Yougoslavie pour tenter d’aider les victimes du conflit. «Je me suis présentée à l’ambassade de Yougoslavie, à Genève, avec une pétition pour la paix. C’est ainsi que tout a commencé.» Suivront quatre voyages sur le terrain à la rencontre des divers belligérants, l’écriture d’un livre et la fondation de l’Association Duchamps-Libertino pour l’encouragement de la sagesse et de la paix dans le monde. Elle crée ensuite à Genève sa formation de médiateurs pour la paix avec un but précis: apprendre à l’être humain à s’aimer pour parvenir à la paix dans le monde. «En 2009, j’ai été invitée à Mombasa par l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique, afin de présenter ma philosophie et mes programmes pour la paix. C’est dans ce contexte que le ministre de l’Education de la République démocratique du Congo m’a demandé de former un groupe de 25 médiateurs à Kinshasa.»

Depuis, soutenue par son association – reconnue d’utilité publique et financée par ses membres et des dons privés – Martine Libertino a formé de nombreux médiateurs en République démocratique du Congo, en Haïti et à Genève. «Je ne crois ni aux lois, ni aux règles, ni à l’action des gouvernements tant que l’on ne travaille pas sur l’être humain en profondeur. La paix ne peut découler que de l’amour de soi, des autres et de la vie.»


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Novembre 2016