La Sud-Africaine Sarah Collins sauve des vies grâce à un sac magique

Chaque année, des millions de personnes meurent à cause de la pollution créée par la combustion de bois liée à la cuisson sur le feu. Pour sauver des vie, une innovatrice a mis au point un incroyable sac conçu grâce à une astuce héritée de sa grand-mère.

wonderbag-sarahcollinsElle s’appelle Sarah Collins et elle a mis en lumière un phénomène très peu connu dans les pays industrialisés comme le nôtre : la pollution causée par la cuisson au feu de bois sans protection. Cela concerne pourtant 3 milliards de personnes à travers la planète, soit près de la moitié de la population mondiale. Parce qu’il leur est impossible de faire autrement, ces personnes allument des feux dans leur habitation pour cuisiner et ne bénéficient pas de four aéré pour évacuer les effluves toxiques induites par la combustion de bois, comme le monoxyde de carbone ou les oxydes d’azote.

Et les premières victimes de ce désastre sont les femmes à 89%. Parmi elles, de nombreuses grand-mères, mais aussi des enfants. Interrogée par Forbes, Sarah Collins annonce des chiffres effrayants : « 4 millions de personnes meurent chaque année des suites de cette « pollution intérieure ». Cela représente encore plus que le nombre de décès liés au Sida et à la malaria combinés ».

A l’occasion d’une interview accordée au site Lionesses of Africa, elle précise :

« Collectivement, le monde semble échouer lorsqu’il s’agit d’apporter un soutien médical, d’aider les réfugiés, d’honorer les droits humains essentiels et de se battre contre la pauvreté et les abus envers les femmes. 82% des femmes africaines qui collectent du bois pour le feu se font violer et cela signifie également qu’elles ne sont pas à l’école parce qu’elles doivent accomplir ces tâches vitales pour leur survie. »

Un fléau contre lequel la Sud-Africaine a décidé de lutter en reprenant à son compte une astuce héritée de sa grand-mère pour mettre au point un produit révolutionnaire.

La solution du Wonderbag

Élevée à la campagne en Afrique du Sud, la jeune Sarah a observé sa grand-mère cuisiner et se servir d’une technique artisanale toute particulière pour faire des économies.

wonderbag-south-africaLe concept : placer sa préparation dans l’eau, la porter à ébullition quelques minutes et éteindre le feu avant de fermer le plat avec un couvercle et de le recouvrir entièrement de serviettes pour conserver la chaleur. Une méthode étonnante, mais très pratique, de faire mijoter lentement la nourriture, que Sarah a eu l’idée de développer à grande échelle. Depuis 2008, la voilà donc qui commercialise avec succès son Wonderbag, un sac fabriqué à base de mousse transformée.

Un succès qui a mis un peu de temps à s’installer et qui s’est finalement étendu aux Etats-Unis depuis 2013. Vendu sur Amazon au prix de 70 dollars, il permet également aux particuliers de faire de véritables économies d’électricité (le sac reste chaud 12 heures d’affilée). Et à chaque fois que vous en achetez un, un autre est directement offert à une personne dans le besoin.

En tout, plus d’un million de Wonderbags ont déjà été distribués gratuitement et ce n’est pas près de s’arrêter. Les clients sont bluffés par l’efficacité du produit et se réjouissent de pouvoir participer à l’opération.

Grâce à Sarah et à son invention, les populations les plus déshéritées peuvent désormais cuisiner en toute sécurité et la pollution liée à la combustion au feu de bois est largement diminuée. Sans compter que cela permet également de réduire l’usage du bois et donc de faire du bien à l’écosystème de la planète. Des problèmes largement sous-estimés si l’on en croit Sarah, qui dépeint un tableau bien noir :

« La déforestation et le trafic illégal de charbon sont plus que jamais d’actualité et ne cessent de s’étendre, quand les risques liés au changement climatique et au réchauffement de la planète sont de moins en moins pris en considération. Les Africains sont aussi à court de combustibles pour cuisiner, ils doivent faire face au braconnage d’espèces en voie de disparition et à la dégradation de leurs ressources naturelles. C’est une crise globale. »

Mais Sarah Collins est plutôt confiante : « Aussi sombre que ce constat puisse paraître, je pense honnêtement qu’il est tout à fait possible de faire la différence. Une fois qu’on aura prouvé au monde qu’on peut faire des profits en améliorant la vie des gens, en restant indépendant et respectant les droits humains, nous pourrons construire un avenir plus heureux et plus sûr pour nos enfants dans lequel ils pourront enfin s’épanouir pleinement. Lorsque j’ai commencé à avoir le retour des gens et des communautés qui me racontaient que le Wonderbag avait véritablement changé leur vie, cela m’a apporté une joie énorme et une grand satisfaction ».


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Novembre 2016