Debora Barros Fince, militante autochtone Wayúu, avocate et défenseure des droits humains

Colombie – Debora Barros Fince est une militante autochtone Wayúu, défenseure des droits humains et avocate, originaire de la communauté de Bahía Portete au nord de la péninsule de la Guajira en Colombie. En décembre 2015, elle s’est rendue à La Havane, à Cuba, en tant que membre d’une « délégation de victimes » pour partager son point de vue dans le cadre du processus de paix. Cette délégation, composée de survivantes et de survivants de différentes régions et ethnies, a lancé un appel sans équivoque en faveur de la paix et de la réconciliation.

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L’histoire de Debora Barros Fince est liée à l’Objectif de développement durable n° 16, qui vise à promouvoir des sociétés pacifiques et inclusives, assurer l’accès de toutes et tous à la justice et mettre en place à tous les niveaux, des institutions efficaces, responsables et ouvertes.

J’étais une personne pleine de rêves. Après l’obtention de mon diplôme de droit en 2003, je voulais aider mes parents, mes frères et ma communauté. En 2004, des paramilitaires sont arrivés et ont massacré notre communauté à Villa Portete. Nous ne savions même pas ce que signifiait le mot ‘paramilitaires’. Nous ne comprenions pas pourquoi nos familles se faisaient exterminer.

J’ai survécu au massacre et je suis devenue la porte-parole de ma communauté.

Pendant toute la durée du conflit colombien, nous, les femmes, avons été les plus durement touchées mais notre lutte et notre résistance n’ont pas été reconnues. Nous avons été abusées sexuellement, tuées, exploitées et privées de nos droits à l’égalité.

Les Colombiennes sont aussi des actrices de la paix. Conciliantes de nature, nous cherchons des moyens de nous engager et de trouver des solutions. Mon déplacement à la Havane pour témoigner a été un moment de grande importance, non seulement pour moi mais pour la communauté tout entière. En tant que victimes [du conflit], nous partageons toutes et tous la même douleur, quel que soit notre agresseur.

Nous avons travaillé ensemble en tant que groupe. Nous n’avons pris aucune décision individuellement. En cas de désaccord sur un sujet, nous discutions jusqu’à trouver un terrain d’entente. Nous voulions un processus de paix qui replace les victimes au centre.

Lorsqu’on aspire à une paix durable, il faut investir dans le développement social  l’éducation, la santé, le logement et l’accès à l’eau. Et les femmes doivent pouvoir jouer le rôle qu’elles méritent. Nos luttes et nos sacrifices doivent être reconnus, et nous devons pouvoir participer pleinement. Les femmes doivent pouvoir s’exprimer et voter, dans le cadre du processus de paix comme à la maison. »


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Novembre 2016