Leïla Slimani, Goncourt 2016 pour Chanson douce

Le Prix Goncourt 2016 a été attribué ce jeudi à Leïla Slimani pour son roman Chanson douce.

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Ils étaient encore quatre prétendants. Et c’est finalement Leïla Slimani qui a remporté le prestigieux Prix Goncourt 2016 grâce à son roman Chanson douce (Gallimard), comme l’ont annoncé les membres de l’Académie ce jeudi au restaurant Drouant à Paris. Elle succède ainsi à Mathias Enard, récompensé l’an passé pour Boussole.

Cette année, les thèmes des quatre oeuvres en lice pour le Goncourt appartenaient à un registre sombre: infanticide pour Leïla Slimani, suicide pour Catherine Cusset, cannibalisme pour Régis Jauffret et génocide pour Gaël Faye.

Déjà un succès de librairie

Les 10 membres du jury, présidé par Bernard Pivot, ont donc décidé de mettre à l’honneur la jeune romancière franco-marocaine Leïla Slimani, qui faisait figure de favorite. Son roman Chanson douce (Gallimard), histoire atroce et extrêmement bien construite, raconte l’assassinat de deux jeunes enfants par leur nourrice.

Le livre est d’ores et déjà un succès de librairie. Deuxième roman seulement de l’écrivaine, née au Maroc il y 35 ans, il se dévore comme un thriller mais peut aussi se lire comme un livre implacable sur les rapports de domination et la misère sociale.

Quelques minutes après l’annonce de son prix, Leïla Slimani a dédié son Goncourt à ses parents qui lui ont « appris l’amour de la littérature et de la liberté ». Sur BFMTV, elle a également raconté la genèse de son roman.

« Ce livre est né de plusieurs choses, confie-t-elle. Du fait que moi-même, j’ai eu des nounous au Maroc. Dès 7 ou 8 ans, j’étais déjà très sensible à la place très étrange de ces femmes dans la maison. On les aimait comme des mères, mais elles étaient aussi des étrangères. J’avais déjà conscience des relations hiérarchiques qu’on avait avec elles. J’étais toujours touchée par cette place difficile, les humiliations qu’elles pouvaient parfois subir. J’avais envie de leur rendre hommage. Et puis, en venant à Paris j’ai découvert d’autres genres de nounou, j’ai compris que ça pouvait être un personnage très romanesque qui peut dire beaucoup de choses sur notre société ».

Au cours de ces 20 dernières années, le prix n’a récompensé que quatre lauréates. Le Goncourt demeure une aubaine pour les éditeurs. En moyenne un livre primé s’écoule à plus de 345.000 exemplaires.


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Novembre 2106