Retour à Séoul de la femme au coeur du scandale qui fragilise la présidente

La femme au centre du scandale politique qui fragilise la présidente sud-coréenne Park Geun-hye s’est présentée lundi au bureau des procureurs de Séoul qui tentent de déterminer si elle s’est servie de leur amitié pour influencer la gestion des affaires publiques et en tirer un bénéfice personnel.

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Choi Soon-sil (au centre de la photo), rentrée d’Allemagne au cours du week-end, s’est frayée un passage à travers une foule de journalistes et de manifestants venus réclamer son arrestation et la démission de la présidente.

« S’il vous plaît, pardonnez-moi », a imploré Choi, qui a perdu une chaussure dans la mêlée.

Dans une interview accordée la semaine dernière à un quotidien sud-coréen, elle a reconnu avoir lu et modifié des discours de Park au début de son quinquennat mais a rejeté toutes les allégations d’ingérence dans les affaires de l’Etat ou d’enrichissement personnel, parlant de « pure fiction ».

La présidente Park a présenté elle des excuses publiques pour avoir donné à son amie un accès à ses projets de discours pendant les premiers mois de son mandat. Choi, a-t-elle dit, « m’a apporté de l’aide alors que je traversais une période difficile ». Elle a ajouté qu’elle avait consulté son amie avec de bonnes intentions et qu’elle avait mis fin à cette coopération sensible une fois son cabinet pleinement constitué.

Mais son intervention télévisée n’a pas calmé les esprits. Samedi, 8.000 à 30.000 Sud-Coréens, selon les sources, ont manifesté à Séoul pour réclamer sa démission. Ils estiment que Park Geun-hye, élue en décembre 2012 pour un mandat unique de cinq ans, a trahi la confiance de ses concitoyens et n’a plus de légitimité à exercer son mandat, un avis partagé par 40% environ des Coréens, selon un récent sondage.

L’opposition demande pour sa part une enquête complète sur l’affaire mais n’a pas brandi la menace d’une procédure de destitution.

La crise politique a déjà conduit aux démissions de cinq hauts responsables du cabinet présidentiel, dont le directeur de cabinet de Park.

La cote de popularité de la présidente est tombée à 17,5% dans le baromètre Realmeter, son plus bas niveau depuis son investiture, en février 2013. Son parti Saenuri (droite) est pour sa part devancé par le Parti démocratique d’opposition dans les intentions de vote.

Depuis plusieurs semaines, les médias sud-coréens multiplient les révélations sur la façon dont Choi aurait exploité son amitié avec la présidente. Lundi dernier, la chaîne JTBC a rapporté que des versions de travail de discours de Park entre 2012 et début 2014 avaient été retrouvées dans la mémoire de l’ordinateur de Choi.

Choi et Park sont des amies de longue date. Elles figurent sur des photographies prises en 1979, lorsque Park Geun-hye remplissait le rôle protocolaire de première dame au côté de son père, Park Chung-hee, pour remplacer sa mère, assassinée cinq ans plus tôt. Son père, qui avait pris le pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat militaire en 1961, a lui-même été assassiné cette même année 1979.


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Octobre 2016