Affaire des emails : «Le dossier est vide», assure Hillary Clinton

La candidate démocrate à la présidentielle américaine a reconnu «une erreur» lundi, dans l’Ohio, tout en assurant que le FBI ne trouverait rien de compromettant dans les nouveaux messages découverts. Donald Trump prédit de son côté «une crise constitutionnelle» si sa rivale était élue à la Maison-Blanche.

hclinton1Hillary Clinton a assuré ce lundi que le FBI ne trouverait rien de compromettant dans les nouveaux emails découverts lors d’un rebondissement spectaculaire de l’enquête qui empoisonne sa campagne pour la Maison-Blanche. «Le dossier est vide», a-t-elle affirmé sous les acclamations de ses supporteurs réunis à Kent, dans l’Ohio, un Etat crucial pour la présidentielle du 8 novembre.

«Je ne cherche pas d’excuses, c’est une erreur et je le regrette», a poursuivi Hillary Clinton, à propos de sa décision d’utiliser un serveur privé pour ses emails lorsqu’elle était chef de la diplomatie américaine (2009-2013). Une affaire qui a brusquement ressurgi vendredi, lorsque le chef du FBI James Comey, qui avait recommandé en juillet de ne pas la poursuivre dans cette affaire, a annoncé la découverte de nouveaux messages.

«Maintenant ils veulent voir les emails d’un des membres de mon équipe», a dit Hillary Clinton lundi, sans confirmer qu’il s’agissait de sa fidèle conseillère. «Je suis certaine qu’ils parviendront à la même conclusion que lorsqu’ils avaient analysé mes emails l’an dernier», a poursuivi la candidate.

Hillary Clinton avait jugé samedi «sans précédent» et «profondément inquiétant»l’envoi par le patron du FBI d’un bref courrier à des responsables du Congrès annonçant la découverte d’une potentielle ramification dans l’enquête sur ses emails. Les enquêteurs du FBI doivent maintenant déterminer si ces messages contenaient des informations confidentielles.

La Maison-Blanche joue la neutralité

La Maison-Blanche, elle, a opté ce lundi pour une forme de neutralité concernant le directeur du FBI James Comey, dans la tourmente pour avoir envoyé une lettre au Congrès relançant l’affaire des emails d’Hillary Clinton à quelques jours de l’élection présidentielle.

Barack Obama, qui a nommé James Comey à la tête du FBI il y a trois ans, «continue à avoir confiance dans sa capacité à faire son travail», a-t-il souligné, évoquant «un homme intègre». «Je ne critiquerai ni ne défendrai le directeur Comey», a expliqué le porte-parole de l’exécutif, Josh Earnest. Celui-ci a cependant insisté sur le fait qu’il existait une «tradition ancienne» selon laquelle il était préférable d’éviter de rendre publics des éléments sur une enquête en cours.

James Comey avait adressé vendredi un bref courrier au responsables du Congrès pour les informer que ses équipes avaient découvert de nouveaux messages relatifs à l’affaire de la messagerie d’Hillary Clinton, qui avait utilisé un serveur privé lorsqu’elle était secrétaire d’Etat. Les enquêteurs du FBI doivent maintenant déterminer si ces messages contenaient des informations confidentielles.

«Son élection enfoncerait l’Etat et notre pays dans une crise constitutionnelle» Donald Trump

donald-trumpDonald Trump a lui incité ce lundi les Américains à lui confier les clés de la Maison-Blanche en prévenant que l’affaire des emails d’Hillary Clinton risquait de créer une crise politique prolongée. Le candidat républicain à l’élection du 8 novembre est venu chasser sur les terres démocrates ce lundi, profitant du rebondissement créé par le directeur du FBI, vendredi, dans l’affaire classée en juillet de la messagerie privée de l’ancienne chef de la diplomatie.

«Si Hillary est élue, elle ferait l’objet d’une enquête pénale prolongée, et probablement un procès pénal», a déclaré Donald Trump lors d’un meeting à Grand Rapids, dans le Michigan, un Etat traditionnellement favorable aux démocrates. «Son élection enfoncerait l’Etat et notre pays dans une crise constitutionnelle», a-t-il affirmé.

Resserrement dans les sondages

L’avance de la candidate démocrate Hillary Clinton s’est légèrement réduite depuis que le FBI a déclaré en fin de semaine dernière qu’il examinait de nouveaux emails, à en croire un sondage Reuters/Ipsos rendu public lundi.

Hillary Clinton a cinq points d’avance sur son adversaire républicain Donald Trump, selon cette enquête réalisée du 26 au 30 octobre, contre six points dans le sondage roulant publié jeudi dernier.

D’autres sondages ont également indiqué, durant le week-end, un tassement de l’avance de Hillary Clinton. Selon Real Clear Politics, qui établit la moyenne des résultats des principaux sondages, l’avance de la démocrate est passée de 4,6 points vendredi à 2,5 points lundi.


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Octobre 2016