Médias et engagements des femmes en Afrique : Faire taire les armes d’ici à 2020

catherine-maboboriLe Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union Africaine a tenu le 20 octobre 2016 à Addis-Abeba, une séance publique sur le rôle des medias dans le renforcement de la responsabilité des engagements sur les femmes, la paix et la sécurité en Afrique.

Les médias sont au cœur des événements et de l’actualité, c’est pourquoi, ils doivent raconter chaque histoire et chaque fait avec exactitude. Ils constituent également dans les situations de crises ou de conflits, la voix des sans voix. C’est fort de ce constat que le Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine a organisé cette rencontre qui a été dirigée par la Présidente du mois du CPS, Mme Catherine Mabobori, Ambassadeur de la République du Kenya en vue d’interpeller les Hommes de médias sur leur rôle de sensibilisation, d’information et de plaidoyer en faveur des femmes surtout dans les situations de conflits.

Selon la Présidente du mois du CPS, des initiatives de femmes dans la recherche de la paix et de la sécurité existent, mais sont peu connues. C’est le cas par exemple de cette cellule de veille mise en place par les femmes Kényanes pour surveiller les élections. C’est pourquoi, souligne-t-elle, « il est important que ce genre d’initiatives fassent l’objet de reportage, car c’est à ce prix que les journalistes contribueront à la promotion de l’Agenda sur les femmes, la paix et la sécurité ». En effet, selon Mme Letty Chiara, Représentante de l’ONU femme région d’Addis, sujettes à toutes sortes de violences pendant et après les conflits, les femmes ne doivent plus continuer à être présentées par les médias comme des victimes, mais plutôt comme des groupes cibles sur lesquels l’on peut compter pour bâtir et consolider la paix et la sécurité.

Pour ce faire, il est nécessaire, recommande le CPS, de générer un dialogue renforcé entre les professionnels des médias, les membres du CPS et les décideurs, dans le but de galvaniser l’appui aux rapports sensibles au genre. Le CPS de ce fait invite les Etats africains à renforcer les cadres juridiques pour lutter contre le harcèlement et toutes sortes de violences dont sont victimes les femmes journalistes, nommer des femmes journalistes à des postes de responsabilités et encourager leur recrutement dans les zones de conflits. Cela pourrait sans nul doute contribuer à faire avancer l’Agenda sur les femmes, la paix et la sécurité à travers des rapports sensibles au genre dans les situations de conflit, post-conflit et fragiles et à faire taire les armes d’ici à 2020.

En rappel, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, lors de sa 223ème réunion tenue le 30 mars 2010, a convenu de consacrer, chaque année, une séance publique sur le thème « des femmes et des enfants et autres groupes vulnérables dans les conflits armés ». Cette décision vise à trouver des solutions à la mauvaise méthode et ad-hoc avec laquelle le Conseil a abordé les questions du genre dans les conflits et les situations post-conflits en Afrique. Ainsi, il convient désormais de mettre un accent particulier sur les femmes et les enfants tout en renforçant les dimensions plus larges de la sécurité humaine de l’Agenda paix et sécurité de l’Union africaine.

Service presse Ambassade, Mission Permanente
du Burkina Faso en Ethiopie.


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Octobre 2016