Des Argentines dénoncent la violence faite aux femmes après le meurtre d’une adolescente

Des milliers de femmes argentines sont descendues dans les rues de Buenos Aires, mercredi, pour condamner la violence sexiste dans la foulée du viol et du meurtre sanglant d’une jeune fille de 16 ans.

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Le corps de Lucia Perez a été retrouvé plus tôt ce mois-ci, dans la ville côtière de Mar del Plata. L’adolescente avait été forcée à consommer de la cocaïne, violée puis empalée par deux hommes, rapportent les autorités. La douleur lui a été si insupportable qu’elle a succombé à un arrêt cardiaque, a raconté la procureure chargée du dossier, Maria Isabel Sanchez.

Fait rare en Argentine, deux suspects de 23 et 41 ans, des vendeurs de drogue, ont depuis été arrêtés.

Après le meurtre, ils auraient donné un bain à la victime avant de l’emmener à un centre de santé où ils ont affirmé qu’elle avait été victime d’une surdose de drogue.

La procureure a affirmé n’avoir jamais vu « une affaire avec une conjonction de faits aussi aberrants ». « Ç’a été une agression sexuelle inhumaine », a-t-elle dit.

nanif-1L’événement, nommé « Mercredi noir », avait été organisé par l’entremise des médias sociaux avec le mot-clic #NiUnaMenos (Pas une de moins).

À Buenos Aires, les manifestantes, qui ont convergé vers la Plaza de mayo en fin de journée, étaient vêtues de noir pour marquer leur deuil des victimes. Un bon nombre d’entre elles étaient munies de parapluies.

Un groupe de femmes a également pris part à une courte grève en guise de protestation.

De telles manifestations contre la violence machiste ont été tenues dans plusieurs autres pays d’Amérique latine mercredi, dont le Mexique, le Chili, la Bolivie et l’Uruguay.

Le féminicide, meurtre d’une femme motivé par le fait qu’elle est une femme, a été inscrit dans le Code pénal argentin en 2012 comme circonstance aggravante d’un homicide.

Au cours de la dernière année, l’Argentine a néanmoins été le théâtre de pas moins de 275 féminicides, selon le refuge et groupe de défense des droits des femmes Casa del encuentro.

Dans 40 de ces cas, les victimes avaient déjà signalé des attaques et certaines avaient même obtenu une ordonnance de non-communication.

Au cours des dix derniers jours en Argentine, au moins quatre autres femmes ont été tuées par leur mari ou ex-compagnon.


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Octobre 2016