Les productrices burundaises regardent l’avenir avec inquiétude

En province Cibitoke, région frontalière du Rwanda, les femmes exportatrices de produits vivriers souffrent de la suspension des exportations et regardent l’avenir avec inquiétude.


commercante-burundaiseContracter des crédits dans les banques, cultiver, produire et exporter la production agricole vers le Rwanda, c’est la routine des femmes entrepreneures de Rugombo, à une dizaine de kilomètres de la frontière rwandaise. Ce business leur permettait d’assurer la survie des familles et de projeter leur avenir, mais l’arrêt des exportations agricoles y a mis un terme. Depuis, la misère menace et alimente les frustrations, selon cette femme, qui a requis l’anonymat:

“Cette décision nous a causé du malheur. Depuis, nous connaissons la faim et la misère. On se préparait à acheter les cahiers et à trouver l’argent pour la rentrée et voilà, certains de nos enfants ne pourront plus aller à l’école.”

La décision est tombée avant la récolte. Le marché habituel d’écoulement n’étant plus, la production abonde le marché local, impliquant la chute spectaculaire des prix, au grand regret de cette commerçante:

“Un sac s’achetait à 12.000, 10.000, ou 9.000, maintenant il est à 2.000, 2.500, ou à 3000. Les cultivatrices ont perdu, certaines ne pourront plus cultiver. Elles risquent la prison car elles ne peuvent plus rembourser leurs crédits.”

Face à la situation, les femmes réclament la levée de la mesure ou, à défaut, d’autoriser en attendant l’exportation des produits périssables et non conservables:

” Nous demandons à ce qu’on laisse les aubergines sortir vers le Rwanda, les tomates, les citrons, car ils pourrissent facilement, les oignons et autres aussi. Si on bloque le riz et le haricot, on peut les consommer nous-mêmes, pas de problème.”

L’entrepreneuriat féminin est sur de bons rails, a confié la vice-présidente de l’Association des Femmes Entrepreneures au Burundi, à notre correspondant Antéditeste Niragira, même si les obstacles ne manquent pas. Toute décision devrait résulter des concertations, selon Jacqueline Ndayizeye. Et en attendant, les fraudes et tentatives d’exportation vivrières n’ont pas cessées, et sont farouchement réprimées, à la frontière rwando-burundaise, en conséquence de quoi la détérioration des relations entre les deux pays s’en suit.


Revue de presse

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Octobre 2016